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Présenté par Thierry Guerrier
Du lundi au vendredi 17h30

Emission du 10 février

Invité :

Hervé Morin

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Sujet :

La France doit-elle retirer ses troupes d’Afghanistan ?

Portrait de Hervé Morin

Au lendemain de l’annonce du décès d’un jeune soldat français, tué lors d’un accrochage avec des insurgés dans l’est de l’Afghanistan, quelle est la situation dans ce pays, où la France doit envoyer prochainement quelques quatre-vingt instructeurs supplémentaires, ce qui portera à 3 800 le nombre de ces militaires sur place ?

La réalité, explique le ministre de la Défense, est que nous sommes confrontés, en Afghanistan, à "conflit asymétrique", c’est-à-dire qu’"il n’y a pas un front avec des armées qui progresseraient ou reculeraient. Nous sommes dans des zones dans lesquelles, certaines sont dans une vraie situation de stabilité et de sécurité" et d’autres, au contraire, "dangereuses, notamment au sud du pays". Mais l’Afghanistan "est un kaléidoscope, une multitude de vallées, de zones, d’ethnies où il y a toute une série de progrès que les Français et l’opinion publique européenne ne perçoit pas".

"Par exemple, la zone de Surobi, où nous avons perdu dix hommes, le 18 août (2009), est une zone dans laquelle, aujourd’hui, la stabilité est assurée, où nos militaires peuvent aller dans le marché de la ville sans leurs armes" et où "nous menons une vraie politique de coopération, de reconstruction avec la population. Mais, il faut de la patience", souligne Hervé Morin.

Car si "le changement de stratégie" de la force internationale dans ce pays "était nécessaire, est-ce que nous pouvons partir ? Est-ce que nous pouvons laisser l’Afghanistan retomber dans le chaos et redevenir le foyer du terrorisme international ? Et est-ce que nous pouvons laisser un pays qui a pour voisin le Pakistan, avec les risques de contagion à un pays qui a l’arme nucléaire ? On voit bien que se joue, en Afghanistan, une partie de la stabilité et de la sécurité du monde", affirme le ministre.

Enfin, poursuit-il, "la France a fait un effort très important, depuis 2008", avec le déploiement de "1 300 hommes de plus" pour soutenir "un certain nombre de pays qui étaient en difficultés". Et, elle a décidé d’envoyer quatre-vingt instructeurs supplémentaires, "parce que la clé de la sortie est la formation, le développement de l’armée, de la police, et la capacité de transférer aux Afghans des zones de sécurité, comme nous l’avons déjà fait à Kaboul".

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