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Présenté par Thierry Guerrier
Du lundi au vendredi 17h30

Emission du Mai 2009

Invité :

Véronique Bouzou

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Sujet :

Livre : Ces profs qu’on assassine

Portrait de Véronique Bouzou

Les enseignants sont à bout. C’est ce qu’estime Véronique Bouzou, professeur de français dans les Yvelines et auteur d’un livre enquête au titre choc : Ces profs qu’on assassine.

Aujourd’hui, raconte-t-elle, "c’est vraiment fou l’ambiance dans la salle des profs, parfois" : certains ont "des maux de ventre terribles, d’autre fument cigarette sur cigarette ou tremblent". Le corps enseignant connaît un profond désarroi dont témoigne le taux élevé de suicides, "un sujet tabou, une chasse gardée de l’Education nationale".

Mais pourquoi un tel mal-être ? "Enseigner actuellement est très difficile, plus difficile qu’avant malgré le fait que certains chefs d’établissements refusent de reconnaître que les élèves sont plus violents maintenant qu’avant", explique Véronique Bouzou.

"Depuis une douzaine d’années", poursuit-elle, "j’ai vraiment vu évoluer les élèves. Avant, ils avaient un petit peu peur des sanctions alors que maintenant, ils se fichent totalement d’avoir de mauvaises notes, des heures de retenue, et ce qui est le plus difficile pour un enseignant est d’avoir des élèves qui brandissent l’ignorance comme un étendard".

Aujourd’hui, après l’agression d’une enseignante par un collégien, le ministre de l’Education nationale envisage de mettre des portiques de sécurité dans les écoles. Mais "dire que tout va aller mieux parce que l’on va mettre des portiques, c’est un peu de l’esbroufe", déclare-t-elle. "En 2002, un ancien ministre de l’Education nationale avait donné une gifle à un jeune banlieusard qui lui faisait les poches : c’était du bon sens et personne ne lui en avait voulu. Alors que mettre des portiques de sécurité, c’est quand même avoir laissé s’installer un climat de violence et ne pas avoir su prendre la mesure des problèmes dès l’origine."

Là, "on est encore dans une politique du paraître", renchérit-elle. "Comme quand il (Nicolas Sarkozy) avait dit qu’il fallait passer les banlieues au Kärcher. De grandes annonces, et en réalité, on a encore des inspecteurs d’académie qui viennent sermonner des professeurs parce qu’ils notent trop sévèrement leurs élèves, parce qu’il y a trop de contenus dans leurs cours ou parce qu’ils ne mettent pas des "smiley" à la place de note."

Actuellement, conclut-elle, il serait préférable de "reconnaître que professeur est un métier parce que le professionnalisme des enseignants a été trop souvent remis en question. C’est ce que je dis à mes élèves : ’Quand vous allez voir un médecin et qu’il vous délivre une ordonnance, vous la suivez, donc quand je vous donne du travail à faire, vous le faites’". Par ailleurs, "il faudrait peut-être une échelle des sanctions communes aux établissements, que les élèves connaissent leurs devoirs et pas uniquement leurs droits et qu’il y ait davantage de communication entre les élèves et les parents".

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