Une France sans triple A ? Alors que la rumeur d’une dégradation de la note française enfle, les démentis se sont mués en explications et controverse politique. Après avoir élevé la défense du AAA en priorité nationale, le président de la République et plusieurs ministres ont évoqué, cette semaine, l'éventualité d'une dégradation, tout en en minimisant ses conséquences.
Dans les colonnes du Monde en date du mardi 13 décembre 2011, Nicolas Sarkozy était le premier à donner le ton, assurant qu'en cas de retrait du triple A par les agences de notation, "ce serait une difficulté de plus, mais pas insurmontable". Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a enfoncé le clou, dans un entretien publié hier par Les Echos, en considérant que la perte de cette note "ne serait pas une bonne nouvelle, bien sûr, mais ce ne serait pas non plus un cataclysme". Rappelant que les Etats-Unis, qui ont perdu leur triple A l'été dernier, "continuent d'emprunter sur les marchés à de bonnes conditions", le chef du Quai-d’Orsay a estimé que les agences de notation "sont parfois dans l'appréciation subjective et politique... Sans doute faut-il aussi leur accorder moins d'importance dans le débat politique".
Mais si la majorité a semblé tenter de temporiser en préparant les esprits à une prochaine dégradation, à l’inverse, le Parti socialiste a estimé qu'une perte du triple A de la France serait un "terrible aveu d'échec" du gouvernement. Le candidat PS à la présidentielle, François Hollande, a ainsi déclaré, jeudi, lors d'un déplacement à Bondy, que si le pays était dégradé, ce serait "un échec très grave pour Nicolas Sarkozy". L’élu corrézien a ajouté que la conservation du triple A "a été clairement l'objectif fixé par Nicolas Sarkozy pour justifier deux plans d'ajustement ou de rigueur. Je ne veux pas croire que ces plans n'auraient servi à rien". L’ancien Premier ministre et ex-ministre du Budget Laurent Fabius a rejeté, pour sa part, la responsabilité d'une éventuelle dégradation sur le chef de l'Etat. "Si malheureusement la France (était) dégradée", cela voudra dire qu'il "sera le président de la République qui aura laissé dégrader la France", et ce sera un "bilan cataclysmique" pour lui, avec "un million de chômeurs" et "500 milliards de dettes en plus" pendant son quinquennat.
De son côté, le gouverneur de la Banque de France a dénoncé l'attitude des agences de notation qui, selon lui, "ont réussi, par leurs commentaires critiques, à fragiliser un sentiment positif qui existait sur le marché au lendemain du sommet de Bruxelles" des 8 et 9 décembre derniers. Christian Noyer a par ailleurs jugé qu'une dégradation de la note française ne serait "pas justifiée, au regard des fondamentaux de l'économie hexagonale", à moins que les agences ne commencent par "dégrader le Royaume-Uni, qui a plus de déficits, autant de dettes, plus d'inflation, moins de croissance que nous, et dont le crédit s'effondre".
Malgré l'accord européen conclu la semaine dernière, à Bruxelles, les agences de notation ont confirmé leur intention de dégrader les notes de nombreux Etats européens, jugeant les conclusions du sommet insuffisantes pour sortir la zone euro de la crise actuelle. Standard & Poor's (S&P) a placé, le 5 décembre, le triple A français sous "surveillance négative", avec les notes de quatorze autres des dix-sept pays de la zone euro, dont l'Allemagne. L'agence de notation envisage de l'abaisser prochainement. La France se singularise, seule à être menacée d'une dégradation de deux crans de sa note actuelle. Moody's menace elle aussi de réduire la note hexagonale, après avoir dégradé celles des grandes banques tricolores.
Une perspective qui fait craindre à nombre d’économistes une flambée des taux d'intérêt de la dette française - estimée à 1 800 milliards d’euros en 2012 -, et ce, alors que le pays entre en récession selon l’INSEE.
48 commentaires
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Monnomestpersonne0
le 03/01/2012 à 0h15PS : Heureusement que votre émission de lundi 2 janvier a été animée par d'autres intervenants qui, eux, ont éclairé le sujet et montré une bien meilleure capacité d'analyse que M Rioufol
Monnomestpersonne0
le 03/01/2012 à 0h12Merci de me dire pourquoi M Rioufol est encore invité sur le plateau de C dans l'air. Ce soir encore (lundi 2 janvier 2012) son rôle n'a pas été d'analyer le sujet évoqué, mais de faire campagne pour le gouvernement en place. Toutes ses interventions n'ont eu pour but que de décridibilser la candidature de François Hollande. Attitude qui peut se défendre, hormis le fait qu'on attend des invités des interventions qui nous permettent d'analyser les sujets abordés. J'ai d'ailleurs enregistré l'émission pour essayer de me persuader que je me trompais, mais... impossible, trop évident. N'étant pas de gauche (ni de droite d'ailleurs), je ne reprocherais pas à M Rioufol d'être anti-Hollande, juste le fait de ne pas être très utile dans les débats
zagada
le 02/01/2012 à 19h00Pourquoi vous entêtez vous à inviter M. Rioufol dans vos émissions , alors qu'il n'a de cesse d'interrompre les autres intervenants pour ne rien apporter , et sans même se montrer capable de s'exprimer clairement ?
indio1
le 31/12/2011 à 1h40http://www.95.pcf.fr/16359
Tout simplement évident, bravo France qui me rappelle le slogan de Pathé Marconi : "LA VOIX DE SON MAÎTRE"
Soyez de bons toutous et continuez à nous endormir, j'ai honte pour la pluralité. Sans le PCF toute la base de notre organisation sociale n'existerait pas, dont vous qui avez été formé en majorité grâce à l'Etat providence et qui travaillez pour et par NOUS.
Malheureusement j'attend votre censure.
In Dio.
hugo chavez 66
le 28/12/2011 à 18h24Mardi 13 décembre, France 5 diffusait un « C dans l'air » dont le thème était « le communisme 20 ans après ». Yves Calvi recevait à cette occasion, Stéphane Courtois et Alexandre Adler . En tant qu'élu communiste , et téléspectateur averti de votre emission: voici un commentaire qui risque surement d'être censuré:
Il est tellement plus confortable de faire un pseudo débat sur le communisme en excluant les communistes!
Dans ces conditions, des intervenants peuvent se sentir parfaitement à l'aise pour se livrer à des attaques personnelles pleines de mépris et de grossièreté, évidemment sans aucune aucune possibilité de réponse de l'intéressé.
Je trouve cela indigne.
Reste le plus grave: le boycott médiatique délibéré d'un parti politique qui donne beaucoup pour défendre et faire vivre la démocratie dans notre pays. le PCF , avec ses 22000 élus, ses militants, son influence, constitue un acteur décisif de la vie citoyenne.
Cela déplait à certains, mais c'est la réalité!
JACKMARMOTTE
le 27/12/2011 à 13h53Depuis 5 ans que je participe à l'émission, j'ai posé 303 questions.
158 ont été éditées sur votre bande de défilement.
10 ont été débattues.
Depuis la mise en place de votre nouvelle présentation, il m'est impossible de poser correctement une question.
Je constate dans la fenêtre de rédaction que c'est le texte de l'émission précédente qui y figure, je ne reçois pas de retour de confirmation, ou j'en reçois 5 ou 6 d'un coup, ce qui n'a plus aucune signification.
Etant donné les résultats constatés plus haut, je pense que mes interventions ne sont pas tout à fait absurdes et de ce fait, je me pose, cette fois à moi-même, la question de savoir si je dois continuer ou stopper ma participation.
emile02
le 26/12/2011 à 23h58Noël! Une mine d’or vient d’être mise au jour sur le mont Beuvray. Cette découverte, on s’y attendait. On sait en effet que la Gaule regorgeait de ce métal précieux. Ainsi pourraient s’expliquer les prodigieuses murailles que les Gaulois avaient élevées sur la hauteur pour protéger leur magôt. Il suffirait aujourd'hui de décaper 5 mètres de terre pour retrouver le filon. Avec la crise de la dette, cela tombe bien.
avisobrick192
le 26/12/2011 à 16h17Vous nous avez expliqué en long et en large qu'elle ne servaient a rien, puisque leur informations sont largement anticipées par les marchés. Qui paye donc pour des info largement dépassée???? A+
bernardmorand
le 23/12/2011 à 18h05pour mieux comprendre c'est ici
http://minuit-1.blogspot.com/2011/09/jean-michel-quatrepoint-livre-et-vi...
phIper0
le 30/12/2011 à 4h28ou ici
money:le film documentaire - association reseda
très instructif pour comprendre les raisons de la crise