La faillite ne concerne pas uniquement les entreprises. 1,5 million de ménages français connaissent actuellement un niveau d’endettement excessif au regard de leurs capacités de remboursement, et 712 000 sont en situation de surendettement.
Achat d’un bien immobilier, d’un équipement de maison, des mensualités à honorer, des enfants à nourrir, des soins médicaux à payer... les motifs sont nombreux de contracter des crédits, d’autant qu’avec les tensions sur le salaire et le pouvoir d’achat, ils apparaissent pour nombre de Français comme la solution pour rembourser leurs dettes ou tout simplement pour vivre au quotidien.
Selon l’Observatoire de l’endettement des ménages, 52 % des foyers français sont actuellement endettés, en moyenne, de 56 % de leurs ressources, et 15 % d’entre eux avouent avoir des difficultés à respecter leurs échéanciers.
La spirale du surendettement commence alors avec son cortège d’huissiers, de frais bancaires et de sociétés de recouvrement. En 2007, 180 000 familles ont ainsi déposé un dossier de surendettement à la Banque de France pour tenter de refaire surface, et près de 28 000 personnes ont bénéficié d’une procédure de rétablissement personnel - appelée également "faillite personnelle" - qui permet d’effacer l’ensemble de ses dettes, à condition d’accepter la liquidation de tout son patrimoine. Instaurée par la "loi Borloo", cette procédure a déjà été enregistrée 87 800 fois depuis son entrée en vigueur en 2003.
Un chiffre qui pourrait d’ailleurs bien augmenter dans les prochaines semaines. Les conséquences de la crise financière et économique (hausse des taux d’intérêt, durcissement des conditions d’accès au crédit, augmentation du chômage...) risquent en effet d’être particulièrement douloureuses pour une catégorie de la population dont les conditions de vie sont déjà très précaires. Plusieurs organisations d’aide aux démunis ont déjà constaté un nombre croissant de demandes "de personnes qui ne pensaient pas tomber aussi bas".
Le Secours populaire déplore ainsi une hausse des appels à l’aide de 15 à 20 % dans ses permanences, avec en un an, une augmentation très nette des jeunes, des travailleurs pauvres et des personnes en âge d’être à la retraite. Une réalité constatée également par la Fédération française des banques alimentaires, qui fournissent des denrées à près de 5 000 associations caritatives pour quelques 754 000 bénéficiaires.