Suite aux sabotages commis ce week-end sur les lignes SNCF, dix personnes ont été placées en garde à vue. Agés de 23 à 33 ans, les suspects seraient membres de la "mouvance anarcho-autonome" d’ultragauche, distincte de l’anarchisme classique comme de l’extrême-gauche.
Une semaine seulement après la pagaille qui s’est produite à la Toussaint, la SNCF a connu un nouveau week-end noir avec pas moins de quatre sabotages sur ses seules lignes TGV. A chaque fois, des barres de fer à béton ont été fixées sur des caténaires, dans l’Oise, l’Yonne et en Seine-et-Marne. Près de 160
TGV, Thalys et Eurostar des lignes à grande vitesse Nord, Est et Sud-Est ont subi des retards se calculant en minutes jusqu’à plusieurs heures.
Quelques heures après la saisie de la section antiterroriste du parquet de Paris, la ministre de l’Intérieur a indiqué, mardi 11 novembre 2008, que vingt personnes avaient été interpellées au petit matin, à Paris, Rouen, dans la Meuse et à Tarnac, en Corrèze. Dix d’entre elles ont été placées en garde à vue et se trouvent pour la plupart dans les locaux de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI).
Six femmes et quatre hommes qui appartiendraient, selon Michèle Alliot-Marie, à "l’ultragauche mouvance anarcho-autonome" et étaient sous la surveillance de la DCRI depuis le mois d’avril. "Aucun cheminot ne figure parmi les individus arrêtés", a-t-elle précisé.
Les interrogatoires, qui se déroulent à Paris pour neuf des suspects et en Lorraine pour l’un d’entre eux, pourraient se prolonger durant quatre jours, soit jusqu’à samedi, en raison de législation en matière de terrorisme. Les suspects devront ensuite être déférés devant un magistrat antiterroriste ou remis en liberté sans charge.
Depuis deux ans, divers actes de malveillance dans plusieurs régions de France ont affecté le réseau SNCF. Le parquet antiterroriste avait déjà eu à enquêter sur des sabotages menés en 2003 et 2004 par un mystérieux groupe "d’action AZF" qui avait posé des bombes sur des rails. Il avait menacé pendant trois mois de faire sauter le réseau ferré s’il n’obtenait pas une forte rançon. Ce groupe a disparu sans qu’aucun membre ne soit arrêté à ce jour.
Enfin, en 2005, 26 000 actes de malveillance ont été enregistrés sur les lignes empruntées par la SNCF, dont 89 étaient susceptibles de provoquer un déraillement.
Le syndicat Force ouvrière de transports ferroviaires (FO-Cheminots) a pressé, lundi, le ministère de l’Intérieur d’aider la SNCF à veiller à la sécurité de ses 34 000 km de voies. La société compte 2 000 agents affectés à cette tâche. Trop peu, selon ce syndicat.