Après la condamnation de Charles Pasqua dans le procès Angolagate, Jacques Chirac s’est vu notifier son renvoi en correctionnelle dans l’affaire des emplois fictifs présumés de la mairie de Paris. Une première pour un ancien président sous la V
e République.
Tempête judicaire sur la chiraquie... L’ancien président de la République Jacques Chirac a été renvoyé, vendredi 30 octobre 2009, devant le tribunal correctionnel de Paris, pour "détournements de fonds publics" et "abus de confiance". Il va devoir s’expliquer, au cours des prochains mois, devant la justice sur "vingt et un supposés emplois fictifs" lorsqu’il était maire de Paris.
Cette décision de justice - qui constitue une première dans l’histoire de la V
e République - vient clore un mois d’octobre rythmé par deux épisodes judicaires qui ont largement secoué la chiraquie.
Un automne difficile qui a débuté avec le feuilleton du "procès Clearstream", où dix-huit mois de prison avec sursis ont été requis par le procureur de la République à l’encontre de Dominique de Villepin, ancien bras droit puis ministre et dernier chef du gouvernement de Jacques Chirac. La décision des juges sera connue fin janvier 2010.
Peu de jours après, Charles Pasqua, un chiraquien historique jusqu’à ce que les relations se dégradent entre les deux hommes, a fait appel à sa condamnation en première instance de trois ans de prison, dont deux avec sursis, et 100 000 euros d’amende dans l’affaire dite de l’Angolagate. Une affaire de ventes d’armes et de pots-de-vin, dont l’ampleur a été pointée par les juges. "Rarement", écrivent ceux-ci, "on avait atteint un tel degré dans l’organisation et la dissimulation d’une délinquance générant des profits considérables."
Condamné pour trafic d’influence, l’ancien ministre de l’Intérieur, actuellement sénateur des Hauts-de-Seine, a réclamé, à Nicolas Sarkozy, la levée du secret-défense concernant les marchés d’armement, avant de citer, à côté des noms de François Mitterrand, Edouard Balladur et Alain Juppé, celui de l’ancien chef de l’Etat, selon lui, "forcément au courant" des ventes d’armes vers l’Angola.