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Trois personnages hors du commun ont accepté de partager leur introspection et de raconter ce qu’ont été et ce que sont aujourd’hui leurs vies. Tous trois ont pour le moins trébuché sur les sentiers de l’existence. Voyous ou malfrats, ils ont fait des choix qui les ont menés du mauvais côté de la barrière et derrière les barreaux.
Roger Knobelspiess
60 ans, dont vingt-cinq années passées en prison
Grand, le verbe haut et le propos intelligent, "Klop" est né dans une famille très pauvre de huit enfants. Alors que son père est ramoneur puis ferrailleur, il quitte l’école à 14 ans. A 17, sa carrière criminelle commence par le vol d’un magnétophone. Braquages, vols, arrestations, cavales, prison... les lieux communs de la voyoucratie s’enchaînent.
La prison le secoue. Il prend la plume et dénonce le sort de ceux qui, comme lui, hantent les quartiers de haute sécurité. Il devient un personnage public. Des intellectuels se rallient à sa cause. Peu de temps après sa sortie de prison, il replonge, pour braquage. En 1990, il est à nouveau libéré et depuis, il écrit.
Noëlle Besse
61 ans, sœur de François Besse, le lieutenant de Jacques Mesrine
Au premier regard, rien ne permet d’imaginer qui se cache derrière cette petite bonne femme à l’allure tranquille. Pourtant, toute sa vie a été rythmée par les hauts faits de son frère, jusqu’à ce qu’elle tombe à son tour dans la délinquance.
C’est François qui lui présente son mari, un braqueur espagnol. Un homme sans vergogne qu’elle suit dans la clandestinité. Ensemble, ils commettent des braquages.
Deux mois après la naissance de leur fille, ils sont arrêtés. Noëlle ressort pour vice de procédure. Elle fait alors évader son mari. La cavale commence. Après de nouveaux hold-up, ils sont rattrapés, en 1987.
Noëlle Besse reste trois ans en prison. A sa sortie, la réinsertion est difficile. Elle devient auxiliaire de vie mais a perdu plusieurs fois son emploi à cause de son nom.
Didier Pierre Chamizo
56 ans et un cassier judiciaire qui pèse lourd
Après des braquages faisant échos aux vols et aux cavales, il a perdu le fil des années passées derrière les murs épais des prisons de France. Le milieu, il en a fait partie, il le reconnaît sans rougir.
Depuis sa libération, en 1991, l’homme vit de sa peinture et vend pour plus de 500 000 euros de tableaux chaque année. Son passé est derrière lui, il a définitivement tourné la page du banditisme.
"Pendant longtemps", explique-t-il, "je croyais que pour améliorer le sort des individus, il fallait employer la violence. Désormais, je sais que la peinture est un outil de communication beaucoup plus sophistiqué que la révolte, puisqu’elle permet de véhiculer des idées subversives sans causer le moindre tort."
Réalisé par Sophie Bonnet, en 2007
Livres
Désordres de mémoire
Roger Knobelspiess
Ed. Le Rocher, 2004
160 p. - 14,50 euros
Le Dépanneur
Roger Knobelspiess
Ed. La Masque, 2003
195 p. - 3,90 euros
Voleur de poules
Roger Knobelspiess
Ed. J’ai lu, 2001
188 p. - 3,70 euros
Un coupable idéal : Knobelspiess
Serge Quadruppani
Ed. Maurice-Nadeau, 1998
246 p. - 13,57 euros
François Besse
"La métamorphose d’un lieutenant de Mesrine"
Mathieu Delahousse
Ed. Flammarion, octobre 2006
289 p. - 20 euros
Chamizo
Démosthènes Davvetas
Ed. Le Capucin, 1999
36 euros
Site web
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