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A partir d'aujourd'hui, la France vit à crédit...

Émission du 09/11/2015

Sommaire

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    Résumé

    Axel de Tarlé reçoit Cécile Philippe, directrice de l'institut économique Molinari, pour parler de la dette publique française.

    D'après une étude réalisée par l'institut économique Molinari, à partir d'aujourd'hui, la France va vivre à crédit jusqu'à la fin de l'année. Comment en êtes-vous arrivée à cette date du 9 novembre ? "Depuis 00h15, la France vit à crédit. Nous avons pris les données d'Eurostat et nous avons calculé le montant des dépenses que nous avons rapporté au montant des recettes. On voit que désormais, les dépenses vont continuer".

    Tous les impôts que l'on paie ne permettent-ils pas de vivre toute l'année ? "C'est ça. Pourtant, le fardeau fiscal de la France est extrêmement lourd. Même s'il n'a cessé d'augmenter au cours des 35 dernières années, cela ne suffit pas".

     Pour continuer à payer l'Éducation nationale, les médecins, etc, allons-nous emprunter ? "Oui. C'est le déficit. Il permet de financer les deux mois qui manquent. Cela permet de réaliser concrètement ce qui manque dans les coffres de l'État pour financer l'ensemble des dépenses. C'est une image. L'État s'endette un peu tous les jours pour pouvoir financer l'ensemble des dépenses, mais concrètement, il manque deux mois dans les caisses".

    Puisqu'il manque deux mois pour boucler l'année, il faudrait peut-être doubler l'impôt sur le revenu. Aurait-on alors suffisamment d'impôts pour payer les dépenses ? "Si votre méthode fonctionnait, on devrait être à l'équilibre. C'est la méthode française pour combler les déficits. On augmente la fiscalité. C'était vrai sous Nicolas Sarkozy et c'est vrai sous François Hollande. La fiscalité a énormément augmenté, de 4 points depuis 2009. C'est d'autant plus préoccupant que la trajectoire de la France aujourd'hui est différente de celle de l'Europe".

    Comment cela se passe-t-il chez nos voisins ? Y a-t-il des pays qui arrivent à faire l'année tranquillement, avec des recettes qui suffisent pour les dépenses ? "Oui. Il y a des pays très vertueux, comme l'Allemagne, qui est excédentaire. Elle va pouvoir se désendetter. Il y a aussi le Danemark, l’Estonie et la Lituanie. Ces quatre pays peuvent couvrir l'ensemble de leurs dépenses grâce à leurs recettes. D'autres pays font un peu mieux que la France comme l'Autriche, la Suède ou les Pays-Bas". Enfin l'Italie "c'est un peu mieux, mais on voit que c'est toujours l'État central qui génère le plus de dépenses et de déficits".

    Vous disiez qu'en Allemagne, on boucle l'année sans faire de déficit. La dépense publique a été énormément réduite. Comment font-ils ? "Ils ont fait de grandes réformes".

    On dit toujours ça. Mais concrètement, que fait-on ? "Il faut se fixer comme objectif la baisse des dépenses publiques. Cela doit être la priorité. Tous les pays qui ont réussi à se réformer, comme le Canada, l'Allemagne ou l'Estonie, se sont posés la question de la sphère publique versus la sphère privée. Quand on pose cette question, on se demande comment fonctionne le marché du travail, le financement de la protection sociale, la culture, l'éducation... "

    Que faudrait-il supprimer ? On dit que la France est le pays où il y a le plus de festivals en Europe. Faudrait-il les supprimer ? "C'est trop global. On ne pourrait pas répondre comme ça. Il faut prendre l'ensemble des missions de l'État et se demander ce qui relève de la mission de l'État et ce qui relève du marché. La vraie question en France aujourd'hui, c'est sur le marché du travail. Avant de commencer la baisse des dépenses publiques, il faut que le marché du travail fonctionne. Lorsqu'il fonctionnera, quand il sera plus flexible et plus à même de créer des emplois, on pourra passer à des questions comme celle du financement de la protection sociale. Parlons de santé. Il faut continuer à s'appuyer sur ce qui existe déjà: la concurrence".

    En Allemagne, les artisans ont le droit de se désinscrire de la Sécurité sociale. Conseillez-vous cela ? "Ce qui est important, c'est qu'il y a une concurrence entre différents acteurs qui produisent des services de santé ou de retraite. C'est ce que les Pays-Bas ont fait".

    Vous voulez démanteler la Sécurité sociale à la française ? "Curieusement, il faut s'appuyer sur ce qui existe. La France, comparée à d'autres pays, a des piliers libéraux extrêmement forts. Le système de santé n'est pas 100 % public. C'est un système qui a des piliers publics et des piliers privés".

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