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Quel programme pour Jacques Cheminade ?

Émission du 13/03/2017

Sommaire

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    Quel programme pour Jacques Cheminade ?

    Jacques Cheminade, c'est la troisième fois que vous êtes candidat à l’élection présidentielle. En 2012, vous aviez fait 0,25 %. Vous étiez arrivé dernier. Vous êtes un ancien haut fonctionnaire. Pourquoi continuez-vous à vous présenter à cette élection présidentielle ? Ce n'est pas très valorisant d'arriver dernier. Vous étiez premier de votre classe, j'imagine... « Les idées sont plus importantes que les chiffres ».

    Mais elles ne trouvent pas d'écho. « Si, mais l’on ne croit pas que l’on puisse exercer le pouvoir avec parce que l’on pense que le pouvoir des banques, de tout ce monde de la finance, est trop grand pour que l'on puisse l'affronter ».

    Avez-vous les 500 signatures ? « J'en ai 397 validées par le Conseil constitutionnel ».

    Ce n'est donc pas sûr que vous soyez candidat. « Si parce que 104 sont parties. Peut-être qu'elles n'arriveront pas. Il faut donc que l'on en trouve d'autres pour compenser celles qui sont parties et pourraient ne pas arriver ».

    Une campagne présidentielle coûte cher. Comment faites-vous pour vous financer ? « Cela ne coûte pas cher si l’on fait la campagne comme nous le faisons. Dans une campagne présidentielle lorsque l’on obtient les 500 présentations, l’État prend en charge les bulletins de vote, les déclarations de candidature et les affiches. L'État avance 150 000 euros. À l'origine, l'État avançait 1 million de francs ».

    Cela vous donne une exposition médiatique payée par le contribuable, tous les cinq ans. « Pas du tout. C'est parrainé par les maires qui signent ».

    Mais cela ne vous coûte rien de votre poche. « Mais si ! »

    Où avez-vous votre argent ? « Il y a des dons, des contributions. On a une campagne à 400 000 euros, ce qui n'est rien. Une seule réunion comme celle d'Emmanuel Macron coûte entre 400 000 et 500 000 euros. Celle de François Hollande au Bourget, c'est 1,5 million ».

     La dernière fois que l'on vous a reçu, c'était en 2012. Vous aimez l'exposition médiatique.  « Non. J'aime les idées et que les gens puissent les comprendre. Ils deviennent plus intelligents parce qu'ils s'aperçoivent de la gravité de la crise ».

    Vous avez été haut fonctionnaire au ministère de l'Économie. Vous avez de nombreux diplômes. Vous dites que le système vous a rejeté. Vous présentez-vous par ressentiment ? « Pas du tout. J'ai quitté le système. Le système m'a rejeté quand je l'ai quitté. Ils n'ont pas voulu de quelque chose d'original vienne là. Cette campagne est verrouillée par tous les moyens ».

    Être candidat de l'antisystème, pardonnez-moi, mais c'est banal. Marine Le Pen le dit, Emmanuel Macron parle de « ni droite ni gauche »... « C'est très différent. Ils viennent de l’intérieur du système et ils essaient de convaincre les gens que le produit le plus achevé du système, c'est une expression de l'antisystème, mais non. Aux primaires, ce sont tous d'anciens ministres ou collaborateurs. Je ne suis rien de tout cela ».

    Vous êtes un énarque. Il y a mieux, comme antisystème. « Celui qui a rompu avec le système est plus antisystème que d'autres ».

    Vous préconisez la sortie de l'euro. Mais si, demain, on dit que les euros seront transformés en francs, que dois-je faire ? Dois-je changer ma monnaie en une devise extérieure ? Il va y avoir une fuite des capitaux. Si on sort de l'euro, c'est pour le dévaluer. « Cela dépend des conditions. On vit dans un système d'occupation financière, des grandes banques de la City ou de Wall Street, répercuté par la Banque centrale européenne, par Mario Draghi qui est, disons-le clairement, un faux-monnayeur : 80 milliards par mois pour les banques, c'est énorme. Les banques ne transmettent pas cet argent aux industries, à l’agriculture, au développement ou au social. C'est un système d'occupation culturelle. Il y a des inondations dans les télévisions, mais pas à France 5. C'est aussi le cas dans les ordinateurs des enfants avec des jeux vidéo criminels. Certains devraient être interdits. Il y a des jeux où l’on torture. On tire tout le temps contre des ennemis, généralement musulmans. C'est lamentable !

    Cela nourrit la violence ? « Oui. Mohamed Merah avait joué à des jeux vidéo. Cela a été un départ. Après, il va dans les pays du Golfe, il revient et il devient Mohamed Merah. Il est sous pression de différentes institutions et il devient comme fou ».

    En 2012, cela avait fait sourire car on vous avait présenté comme le candidat qui voulait aller sur Mars. Vous avez réduit cette partie... « Pas du tout. C'était les journalistes qui avaient gonflé cette partie ».

    Pouvez-vous comprendre que cela fasse sourire ? Vous parliez d'une fusée thermonucléaire. Cela vous désole-t-il ? « C'est comme cela que l'on ira sur Mars. Avec le système actuel, il faut au moins six mois. Ce n'est pas possible. Il faut d'abord envoyer des robots pour voir les radiations qu'il y a dans la planète, voir comment l'on peut traiter la question de la gravité. Il y a beaucoup de problèmes à résoudre. Mais il faut aller voir car c’est quelque chose qui existe et l'être humain, par sa curiosité, a envie d'y aller. C'est toute l'histoire, et pas seulement pour Mars. Il faut enlever les débris dans l’espace autour de la Terre ».

    Il faut faire le ménage. « Oui. Et dans la mer, aussi : les continents de plastique ».

    Comment nettoyer l’océan ? « Il y a cinq continents de plastique. Il faudrait trouver des bactéries qui puissent détruire le plastique parce que les déchets sont entraînés au fond de la mer. Le fond de la mer est aussi pollué que la surface. Enfin troisième point : le développement de l'Afrique. Il faut investir pour le développement de ce continent. Il faut cesser de pratiquer la Françafrique. Il faut faire un développement en Afrique avec les gens qui y sont prêts. Ce n'est pas facile de les trouver, mais il faut se battre ».

     

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