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Le commerce équitable au secours des petits producteurs ?

Emission du
Conso / Vie pratique

Le commerce équitable au secours des petits producteurs ?

Aujourd’hui 99% des Français ont déjà entendu parler de commerce équitable, ils étaient 9% en 2000. Tout le monde connaît le petit logo noir et bleu Max Havelaar et la présence de produits équitables dans nos rayons de supermarché est de plus en plus courante. Mais quelles certitudes peut-on avoir lorsque l’on choisit une tablette de chocolat équitable plutôt qu’une tablette de grande marque ? Fait-on réellement une bonne action ? On en parle aujourd’hui sur le plateau de La Quotidienne !


 

Le commerce équitable est un marché de niche qui représente en 2012 4,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur la planète, ce qui est dix fois moins que pour l’agriculture biologique par exemple. Cependant l’objectif du commerce équitable est de promouvoir le changement afin de parvenir à une plus grande équité dans le commerce international et donc améliorer la condition des petits producteurs qui n’ont pas les moyens de lutter.

 

Des labels qui garantissent leurs engagements

Assurer une juste rémunération du travail des producteurs en élaborant un « prix plancher », garantir le respect des droits fondamentaux des personnes, instaurer des relations directes et durables avec les artisans, favoriser la préservation de l’environnement, proposer des produits de qualité… tels sont les engagements du commerce équitable. Dans ce secteur il existe de nombreux labels possédant chacun leur propre cahier des charges permettant de garantir au consommateur les engagements impliqués par son acte d’achat. Le plus connu reste le leader mondial Fairtrade Max Havelaar, nous recevons d’ailleurs Anne-Marie Berthier la responsable communication du label en plateau : « Nous sommes devenus leader de façon historique car nous sommes présents à l’international depuis plus de 25 ans. Max Havelaar représente les intérêts de plus de 1,4 millions de producteurs dans 74 pays » nous dit-elle. Beaucoup confondent encore marque et label. Pourtant les labels sont tous rattachés à un organisme de vérification qui contrôle annuellement toute la chaîne de production des produits. Michel Reynaud, vice-président d’Ecocert (organisme international de contrôle) nous expliquera également aujourd’hui comment sont exécutés les contrôles : « Un contrôle dure plusieurs jours, une semaine en moyenne. Il arrive que certains perdent le label mais le commerce équitable tient du volontarisme et implique une démarche personnelle donc c’est rare ! ».

 

De la coopérative à l’hypermarché

Elisabeth, bénévole pour Artisans du Monde, consacre en moyenne une demi-journée par semaine en boutique pour accueillir, informer et encaisser les clients : « Pour moi, le bénévolat en commerce équitable représente une bonne façon d’agir avec ma consommation ». Elisabeth nous rejoindra également en plateau pour nous faire part de ses motivations. C’est donc par le biais de réseaux de distribution associatifs que s’est développé le commerce équitable. Mais depuis quelques années celui-ci s’est imposé dans les rayons des supermarchés. « La grande distribution joue un tel rôle aujourd’hui qu’il faut que le consommateur trouve nos produits là où il va s’approvisionner » explique Michel Raynaud. L’objectif est donc de faciliter l’accès aux produits équitables et leur diffusion continue de s’élargir en investissant aujourd’hui les distributeurs automatiques mais aussi la restauration collective. Enfin, il ne faut pas oublier que pour trouver le plus large choix de produits équitables rien ne vaut le e-commerce !

 

L’équitable se décline en local

Le commerce équitable était exclusivement destiné aux producteurs désavantagés situés dans les pays en développement du Sud mais depuis le 31 juillet 2014 il prend en compte tous les échanges, y compris les relations Nord-Nord. Les petits producteurs français peuvent enfin se lancer ce qui leur permet de vendre leurs produits à un prix juste. « Ce sont très souvent les producteurs bios qui sont venus nous voir et nous demander ce que l’on peut faire pour eux car leur situation est difficile. La France est un pays très agricole mais les produits du terroir disparaissent peu à peu. Si on veut protéger ce secteur il faut rendre les conditions des agriculteurs différentes. » explique Stéphane Comar, co-fondateur d'Ethiquable, interrogé durant mon enquête. La Plate-Forme pour le Commerce Equitable (PFCE) a d’ores-et-déjà établi une charte du commerce équitable local afin de défendre et promouvoir une agriculture citoyenne et durable en France. Pour 22% des Français, le principal frein à l'achat vient d'un doute sur l'utilité réelle du commerce équitable. Contribuer à la bonne santé de l’agriculture française va sans doute aider les consommateurs à mieux visualiser l’impact du commerce équitable dans sa globalité !

 

Apolline Mehn

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