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Se soigner autrement

Émission du 26/05/2015

Replay - Le monde en face

Après la diffusion du documentaire, Marina Carrère d'Encausse ouvre le débat avec ses invités.

Sommaire

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    Se soigner autrement

    Près de trois quarts des Français auraient consulté au moins une fois un thérapeute non conventionnel. Pourquoi de plus en plus de personnes font-elles confiance aux médecines douces ? Est-ce un effet de mode ou le signe d’un changement de société ? Le documentaire sera suivi d’un débat.

    Le monde en face - se soigner autrement
    Acupuncture, homéopathie, ayurveda… les Français se tournent de plus en plus vers des médecines alternatives.
    © Program 33

     

    « Ç’a été miraculeux », se souvient Stéphanie. Après avoir fait un faux mouvement en sortant de sa voiture, la jeune femme se bloque violemment le dos. Les médecins diagnostiquent un kyste entre deux vertèbres et lui proposent comme seule solution une opération très risquée. Cette professeure de yoga prend alors la décision de partir en Inde pour se faire soigner par l’ayurveda. Pratiquée depuis 5 000 ans, cette forme de médecine traditionnelle est reconnue par l’Organisation mondiale de la santé comme la mère de toutes les médecines. Après deux mois de traitement ayurvédique, le kyste de Stéphanie a totalement disparu sur l’IRM. Comme cette dernière, de plus en plus de Français ne se contentent plus de la seule allopathie, entachée par plusieurs scandales sanitaires, et se tournent vers des méthodes moins conventionnelles. La plus populaire d’entre elles ? L’homéopathie. 40 % des Français prennent régulièrement des granules. Pour le Dr Jocelyne Gréco, médecin homéopathe, cet intérêt se justifie car « il n’y a pas d’effets secondaires et on s’aperçoit que les gens guérissent, et rapidement ». 

    Une autre approche du corps

    L'homéopathie, la plus populaire des médecines non conventionnelles.  © Program 33
    L'homéopathie, la plus populaire des médecines non conventionnelles.
    © Program 33

    Même au sein du corps médical, certains praticiens s’intéressent à ces approches différentes. « Notre médecine est basée sur la pensée de Descartes, précise le Dr Alain Baumelou, néphrologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière et chargé du Centre intégré de médecine chinoise. Les Chinois ont une philosophie qui est tout autre, avec une description du corps essentiellement relationnelle entre ses organes, et surtout générale, globale, holistique. Vraisemblablement quelque chose que nous avons perdu. » Née 3 000 ans avant Jésus-Christ, la médecine chinoise perçoit l’être humain dans sa globalité et son environnement, et vise à maintenir l’équilibre de l’énergie du corps. Docteur en médecine chinoise, Elise Boghossian traite toutes sortes de maladies avec ses aiguilles et intervient régulièrement dans des pays en guerre. « Dans les camps de réfugiés, je m’occupe spécifiquement de la douleur, raconte-t-elle. Evidemment, l’acupuncture ne remplace pas la pompe à morphine. Sauf que quand vous avez un gamin qui ne supporte pas la morphine, qui fait des tachycardies secondaires, qui est constipé et ne peut plus dormir car il a très mal au ventre, l’acupuncture est un miracle. On a des effets dès le deuxième jour. Cela devient une roue de secours formidable. » 

    De nouvelles perspectives pour l’hôpital ?

    Souffrant d’acouphènes et d’hyperacousie, Nicolas a vu la fin de son cauchemar grâce à l’auriculothérapie. « Chaque hémisphère cérébral est assimilé à un ordinateur, dont les pavillons de l’oreille sont les claviers de commande », explique le Dr Richard Véricel, praticien hospitalier ORL et auriculothérapeute. Cette discipline méconnue, pourtant enseignée à l’université et reconnue par l’OMS, a fait son entrée à l’institut Gustave-Roussy, à Villejuif, pour essayer de soulager les patients des effets secondaires des traitements anticancéreux. Au centre hospitalier Sainte-Anne, à Paris, les personnes qui ont vécu des épisodes dépressifs se voient désormais proposer des séances de méditation, à la place de médicaments, pour éviter les rechutes. Souvent légalisées dans d’autres pays européens, les médecines alternatives restent, en France, un investissement personnel pour les patients, car non remboursées par la Sécurité sociale. Leur arrivée au sein des hôpitaux est-elle le présage d’un futur changement ? « Quand vous parlez aux étudiants de Paris VI, il n’y a qu’une médecine, celle qui a pour base la réflexion cartésienne, regrette le Dr Alain Baumelou. […] Et ils sont totalement imperméables au fait que, sur cette Terre, il y a quand même plus de 4 milliards d’individus qui ne sont pas du tout soignés par cette médecine-là, mais par d’autres. »

    Amandine Deroubaix

     

    Après la diffusion du 1er documentaire, Marina Carrère d’Encausse reçoit 4 invités pour en savoir plus sur le thème « Se soigner autrement » :

    Plus de 400 thérapies complémentaires sont recensées en France… Près de 75 % français y ont déjà eu recours au moins une fois. Aujourd’hui, l’hôpital s’ouvre aussi à ces pratiques… Mais quelle est leur réelle efficacité ? La science peut-elle prouver des résultats ? Comment ne pas abandonner un traitement initial au profit d'une médecine complémentaire ? Comment éviter les dérives ?

    Pour en parler :

    • Bruno Falissard, Pédopsychiatre, Chercheur à l’Inserm. Spécialiste des recherches sur les soins non conventionnels
       
    • Stéphanie Träger , cancérologue, responsable d'un groupe de réflexion sur ces médecines complémentaires…
       
    • Christelle Duport. Sa mère a été victime de plusieurs charlatans de la santé
       
    • Marie Drilhon responsable de l'Association de défense des familles et de l'individu

     

    (Programme sous-titré par télétexte pour les sourds et les malentendants)

     

    Documentaire
    Durée 70 minutes
    Auteurs 
    Claudine Gilbert, Emmanielle Nobécourt et Nicolas Maupied
    Réalisation Emmanuelle Nobécourt et Nicolas Maupied
    Production Program 33
    Avec la participation de France Télévisions
    Année 2014

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