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Maria Nowak, la banquière de l’espoir
Durée : 52'
Auteur : Anne Hirsch
Réalisateur : Olivier Wlodarczyk
Production : France 5 / TV Presse Productions / Freemantlemedia France
Année : 2008
pas de VOD
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Depuis vingt ans, elle ne prête pas seulement de l’argent, elle donne de l’espoir et de la dignité aux illettrés, chômeurs, RMistes. Cette Polonaise, qui à 12 ans dut recommencer sa vie de zéro en France, a puisé sa volonté, son humanisme dans une tragédie. Dans le Perche, en Guinée ou en Pologne, ce film, diffusé à l’occasion de la Journée des femmes, retrace son parcours et son combat.

Maria Nowak {JPG} Pour la première fois, Maria Nowak, "la banquière des pauvres", accepte de passer outre ses pudeurs et se raconte. Elle parle d’elle, de ses fractures, de sa vision du monde, de ce parcours qui l’a conduit à introduire, il y a vingt ans, le micro crédit en France. Elle a ainsi suivi les traces de Mohammad Yunus, l’inventeur du micro crédit au Bangladesh et aujourd’hui prix Nobel de la Paix. Cet acharnement de Maria Nowak à redonner une dignité et une existence aux plus démunis n’est pas un hasard. Elle est elle-même entrée clandestinement en France, en 1947, à l’âge de 12 ans. Sans papiers, sans travail, sans argent, sans parler le français, elle et sa famille ont fait l’expérience des petits boulots, de l’humiliation de ne pas être reconnus comme des être humains à part entière. De sa Pologne natale à la Bosnie, en passant par l’Afrique où elle a également lancé des programmes de micro crédit, le film emmène le téléspectateur sur les pas d’une femme hors du commun. Jamais dans la plainte, mais toujours les yeux rivés sur un avenir qu’elle ambitionne meilleur pour les plus pauvres.

Interview de Maria Nowak

Maria Nowak {JPG} "Je suis bien évidemment très sensible à tout ce problème d’immigration, ce problème de sans-papiers. Je le sens dans mon passé, dans la façon dont je l’ai vécu moi-même. Je pense que ce n’est pas seulement injuste, mais parfois contraire au bon sens de ne pas accueillir des gens qui sont pleins d’idées, pleins d’énergie.

Lorsqu’on est au chômage ou au RMI, la pire des choses, c’est de rester passif, de ne pas bouger. Rester simplement assis sur sa chaise et toucher les allocations familiales et le RMI, c’est une solution invivable. Le but premier d’une politique sociale devrait être d’aider les gens à s’insérer.

Je crois que le capitalisme est beaucoup plus que le pouvoir des plus riches. Le libéralisme, ce n’est pas ça, le libéralisme, c’est la liberté d’entreprendre pour tous.

La liberté est quelque chose dont les gens ont autant besoin que de sécurité.

On ne peut modeler les gens à sa façon, c’est eux qui sont acteurs de leur propre développement et c’est peut-être ce que j’ai appris ici, à Madina Dian [en Guinée], et qui a été pour moi le plus précieux.

Ce que je voudrais que l’on retienne de notre action, du microcrédit en général, c’est qu’il change le regard sur les gens à travers le monde. Les riches voient les pauvres comme des êtres inférieurs, ils ne voient pas leur intelligence, leur créativité, leur énergie.

Quand on est dans une sorte de tragédie totale, il n’y a que le mouvement qui sauve. Si on ne bouge pas, si on ne fait pas quelque chose, on se laisse emporter par la désolation.

Le droit d’entreprendre est un droit fondamental.

On est aujourd’hui dans une fausse mondialisation, une mondialisation qui touche les quelques centaines de millions de riches — des banques transnationales, des entreprises internationales —, qui ne touche pas du tout les 4 milliards de pauvres de tous les pays, qui sont toujours dans la misère parce qu’ils n’ont pas accès au capital et donc au crédit. (…) Je pense aussi que la mondialisation est fausse parce qu’elle est basée sur la circulation du capital et pas du tout du travail, ce qui économiquement n’a pas de sens."


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