Auteur : Serge July
Réalisateur : Serge July
Production : France 5 / Folamour
Année : 2009
Amatrice inconditionnelle de musique, de cinéma et de photographie, la styliste Agnès Troublé a accepté d’être suivie par Serge July dans sa « factory » de la rue Dieu, à Paris, et au cours de voyages à l’étranger. Elle raconte avec pudeur son enfance, les amours de sa vie, ses débuts, sa passion pour les artistes, sans oublier son ascension en France et à l’étranger.
Extrait de l’interview d’Agnès B. :
" « b. », c’est vraiment comme on écrit le nom de quelqu’un dans un fait-divers dans le journal.
Saint-Laurent a fait YSL. Moi, j’ai fait agnès b. J’aime bien le mode mineur. Je préfère le mode mineur au mode majeur.
(A propos de son père Adolphe Troublé, avocat à Versailles.) Il était très aimé. C’était quelqu’un de très cultivé. Il chantait à l’opéra de Paris à la chorale. En plus de ce qu’il faisait, il regardait tout ce qu’il pouvait voir. Il était curieux. Ses copains l’appelaient le Puma : « Pas une minute à perdre ». Il disait toujours : « Il faut joindre l’agréable à l’utile. » Moi, je suis comme ça. J’ai une curiosité qu’il a détectée et qu’il a cultivée chez moi.
(A propos de son enfance.) Je suis toujours à la recherche de l’harmonie. Alors, dans cette maison où c’était quand même pas facile, j’étais habituée à faire un peu tout parce que j’avais envie que ça soit mieux. Je défendais toujours mon père de ma mère.
(A propos de son premier mari, Christian Bourgois.) Christian avait dix ans de plus que moi. Il était très loin de moi d’une certaine manière. Je sortais de terminale, j’avais beaucoup dessiné aux beaux-arts. Mais j’étais traumatisée quand même par beaucoup de choses. Je ne parlais pas. J’étais une espèce de nymphette, de lolita dont il était fou amoureux et qui était là.
J’adore les vêtements, j’adore faire plaisir aux gens. Mais la mode, je m’en fous ! Je vais jamais dans les boutiques, je vais jamais voir aucun défilé. Je veux pas savoir ce que font les autres. Je préfère de loin regarder les gens, la rue… L’inspiration, elle ne vient surtout pas des autres.
(A propos de l’ouverture de sa première boutique avec Jean-René de Fleurieu, son deuxième mari.) J’ai commencé à parler quand j’ai eu la rue du Jour, je crois. (…) La mère de Jean-René nous a prêté 20 000 francs de l’époque, mon père, 30 000 francs. Et on s’est lancés tous les deux. Avec Jean-René,on a fait des travaux nous-mêmes. On a dégraissé les carrelages de la boucherie où on s’installait.
Je ne me sens pas une businesswoman. Je me sens plutôt une paysanne avec beaucoup de bon sens. Les plans de financement, c’est pas du tout mon rayon. La finance et moi, ça fait deux. (…) Mais les commandes, savoir ce qu’il faut vendre, sentir l’envie des gens, ça, c’est mon travail. Moi, je suis styliste. "
