Les élèves sont-ils tous égaux devant la réussite ? Telle est la question à laquelle tente de répondre ce documentaire de Marina Julienne proposé par Carole Gaessler dans Le Monde en face. Tourné en France et à l’étranger, il donne la parole aux acteurs clés du monde éducatif.
Professeurs, parents, sociologues… tous reconnaissent que l’école accomplit sa mission pour la majorité des élèves, mais qu’un trop grand nombre d’entre eux sont encore laissés sur le bas-côté de la route. Outre les inégalités induites par le milieu familial, la densité des programmes scolaires est largement mise en cause. Comme en témoigne Sandrine Vercoutère, professeure des écoles à Arras, dans le Nord-Pas-de-Calais, « on met trop de choses dans la tête des élèves. Or, aller trop vite dans l’apprentissage, c’est compromettre leurs chances pour l’avenir. » Cet excès est confirmé par les statistiques officielles : avec 860 heures depuis le début de leur scolarité, la moyenne d’heures de cours des enfants de 7 ans en France serait supérieure de 100 heures par rapport à celle des autres élèves européens. Devant ces chiffres surprenants, comment permettre à tous les écoliers de tenir le rythme sans être à la traîne ? D’autant que tous ne possèdent pas les mêmes armes pour s’en sortir. C’est ce que souligne Marie-Christine Foy, une graphothérapeute qui aide les enfants en difficulté : « Depuis quatre ans, je reçois de plus en plus d’élèves en échec scolaire. Certains sont trop lents, d’autres écrivent de manière illisible ou bien sont totalement bloqués. » Un problème qui, selon le pédagogue Philippe Meirieu, dépend avant tout de l’environnement familial : « Ce sont les enfants qui peuvent réfléchir à la maison, résoudre des problèmes avec leurs parents et s’interroger avec eux sur des enjeux importants qui réussiront. »
Pour limiter l'échec scolaire
L'exemple de la Finlande qui occupe la tête des classements internationaux des bons élèves.
La réalisatrice du documentaire L’Ecole à bout de souffle s’est aussi intéressée à ce qui se passe à l’étranger, du côté de la Finlande. Ce pays, qui occupe la tête des classements internationaux des bons élèves, propose un système des plus originaux. Ainsi, cet Etat a supprimé dans les années 1970 la distinction entre l’école primaire et le collège. Par ailleurs, le recrutement des professeurs est effectué par les établissements scolaires eux-mêmes. Les enfants apprennent également à lire un an plus tard et ne sont évalués qu’à partir de 12 ans. Autre attrait du système scandinave ? Le refus de toute sélection pouvant stigmatiser les élèves les moins performants. Enfin, dans des classes volontairement réduites, ces derniers sont encadrés par trois professeurs et un étudiant. Un exemple sans doute à méditer.
Yannick Sado
Documentaire Durée 52’ Auteure-réalisatrice Marina Julienne Production France Télévisions / Cinétévé / CNRS Images Année 2011