> France TVOD > France 2   > France 3   > France 4   > France 5   > RFO   > France Télévisions
Aller a la home de France 5


L'oeil et la Main

 France 5L'oeil et la main > Archives


 Recherche
dans L'Oeil et la Main
dans France 5
 
 
Accueil

Interprètes : transparents mais pas trop !



- L'oeil et la main - France 5 -

Interprètes : transparents mais pas trop !


L'émission
Ce film de Martine Delumeau nous propose de suivre des interprètes au cours de leur activité. L'analyse de ces situations de travail par Alain Bacci, interprète à Toulouse, permet d'éclairer et de définir le rôle et la place de l'interprète en langue des signes. Car il est assez rare qu'un métier soit aussi méconnu et source d'autant de confusion.

Vincent Bexiga est interprète à l'Institut national supérieur de formation et de recherche pour l'éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés et Monique Gendrot, à l'Institut des jeunes sourds de Paris, où travaillent ensemble sourds et entendants. Nous assistons à des situations d'interprétation très diverses, tant par le contenu que par le dispositif : conversation informelle dans le couloir, réunions de travail, entretien téléphonique…

Ces séquences donnent à voir instantanément la place qu'occupe un interprète dans le dispositif de communication, qui devient dès lors inhabituel. Sa présence, que l'on ne peut occulter même s'il tente de la garder discrète, permet aux sourds et aux entendants d'échanger de manière fluide et ainsi, d'entretenir des rapports normaux entre collègues.

Les sourds sont généralement habitués à cette présence et considèrent l'interprète en langue des signes comme un pont linguistique et culturel entre leur monde et celui des entendants. Les entendants, pour leur part, ne pensent pas systématiquement à faire appel à l'interprète et continuent d'agir comme s'ils n'étaient pas eux-mêmes dans l'incapacité d'échanger avec les sourds. Or, ce que souligne Alain Bacci, c'est la spécificité de la surdité, qui génère également un handicap dans la communication pour les entendants.

L'interprète en langue des signes est soumis à un code déontologique, qui, loin d'être une contrainte, est le garant de son professionnalisme et lui permet de se reposer sur un cadre clairement établi. Les trois règles principales de ce code sont : la fidélité au message, la neutralité et le secret professionnel. Ainsi, puisque l'intégralité des propos tenus est traduite sans jugement et qu'ils sont tenus secrets, la relation de confiance peut s'établir pleinement entre l'interprète et les usagers.

La méconnaissance de ces règles et du rôle de l'interprète font que les usagers assimilent parfois l'interprète en langue des signes à un travailleur social, un éducateur, et le sollicitent pour avoir son avis ou son aide.

Ne s'agissant pas d'un simple transcodage d'une langue à l'autre, l'interprète travaille sur le sens des discours, l'intention des locuteurs, et ce mécanisme requiert une très grande concentration, d'autant qu'il passe successivement d'une langue vocale à une langue gestuelle. Et Alain Bacci de conclure qu'au-delà de cette compétence et puisque la langue des signes est source d'intégration pour la communauté qui la pratique, l'interprète représente une possibilité d'intégration.

En savoir plus 


  |  envoyer à un amiEnvoyer à un ami