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Arts et Culture |
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YVES KLEIN
LA REVOLUTION BLEUE
'La couleur, c'est de l’énergie pure', disait-il. Durant une carrière aussi intense que brève, Yves Klein n'a cessé de vouloir recréer cette énergie sur la toile, à travers les expérimentations les plus audacieuses. Ce documentaire plonge au coeur de la pensée de ce provocateur épris d'absolu.
Il a donné son nom à un bleu intense et lumineux. Mais Yves Klein regrettait que le public, et plus particulièrement la presse, avec qui il entretenait une relation ambivalente, n'aient retenu que cela de son oeuvre. "Ma cause était tellement plus vaste", déclara-t-il un jour.
Ce film tente de réparer ce malentendu en plongeant au cœur de la pensée de cet artiste qui a laissé une oeuvre complexe, malgré une mort précoce - il avait 34 ans - en 1962. A travers des reconstitutions, des images d'archives et de magnifiques plans (bleu du ciel, jaune des façades, etc.), il suggère la façon dont Klein appréhendait le monde.
"La couleur, c'est de l'énergie pure", disait-il. Ce pourfendeur de la ligne, qu'il compare à des barreaux de prison, souhaite que rien ne vienne entraver la luminosité du pigment. Les oiseaux qui traversent le ciel évoquent pour lui des trous dans une toile idéale.
Ses débuts sont difficiles. Les galeristes rejettent ses monochromes. "Si seulement vous acceptiez de rajouter une petite ligne, un point", lui demandent-ils. "Pourquoi pas un oiseau ?" s'indigne Klein, dans son for intérieur.
Mais la première exposition de ses oeuvres, au Club des solitaires, en 1955, si elle n’obtient pas le succès attendu, lui permet de faire la connaissance du critique Pierre Restany, qui comprend sa démarche. Il lui présente Iris Clert. Celle-ci accepte de montrer son travail dans sa petite galerie et, dès lors, le soutiendra dans ses expérimentations.
Le drame de Klein, c'est de ne pouvoir se contenter de la pure vision et de devoir créer des œuvres forcément inférieures à ses perceptions. "Mes tableaux ne sont que les cendres de mon art", estimait-il. Pour sa première exposition chez Iris Clert, il repeint la galerie de blanc et demande l'autorisation d'éclairer en bleu l'obélisque de la Concorde, qui lui sera malheureusement refusée à la dernière minute. L'objectif étant de montrer que l'art se trouve dehors !
Cet artiste qui ne peint pas d’après ses modèles féminins mais apprécie leur présence, car ils lui apportent "un climat sensuel qui stabilise le climat pictural", a un jour l'idée de peindre avec eux. Il enduit leur corps de pigments et guide leurs mouvements sur la toile. "Il me fallait des pinceaux vivants", commentera-t-il. Ce sera la période des "anthropométries", qui donnera lieu à de nombreux tableaux et à des mises en scène durant lesquelles Yves Klein dirige les modèles en public.
A l'aide du centre d'essais de Gaz de France, il s'efforcera aussi de fixer sur la toile l'empreinte du feu. En 1959, il obtient la consécration en Allemagne pour ses six oeuvres monumentales créées pour l'opéra de Gelsenkirchen.
Cet artiste, dont les oeuvres et les extravagances défrayent régulièrement la chronique, voit un jour ses liens avec les médias se retourner contre lui. C'est en toute confiance qu'il se rend à Cannes en 1962 pour assister à la projection d'un film sur son oeuvre. Mais le réalisateur, qui ne comprend pas sa démarche, a mis en scène son travail de manière grotesque. S'estimant ridiculisé, il fait un malaise en sortant de la salle. Il mourra la même année des suites d’une crise cardiaque.
Noémi Constans
Diffusion : jeudi 18 janvier 2007 à 20:40 (câble, satellite et TNT).
Durée : 52' Auteurs : Stephan et François Lévy-Kuentz Réalisation : François Lévy-Kuentz Production : France 5 / MK2TV / Centre Pompidou Année : 2006
France 5 fête l'anniversaire du Centre Pompidou
A l'occasion des 30 ans du Centre Pompidou, France 5 propose une programmation spéciale consacrée à des artistes mis à l'honneur par le musée et à son histoire. Après Yves Klein et Andy Warhol, sera ainsi diffusé, le 29 janvier, dans le cadre de l'émission "Un soir au musée", un documentaire inédit, signé Alain Fleischer, intitulé L'Odyssée du Centre Pompidou. Le grand public pourra également découvrir, à Beaubourg, une "installation" retraçant les grandes collaborations audiovisuelles liant le Centre Pompidou à la chaîne pendant ces douze dernières années.
Le bleu IKB
Les initiales de ce célèbre bleu protégé par un brevet signifient International Klein-Blue. L'artiste l'a mis au point entre 1954 et 1958 avec l'aide d’un "humaniste du pigment", le marchand de couleurs parisien Edouard Adam. Ce peintre du vide et de l'infini préférait cette couleur à toutes les autres car elle évoquait "tout au plus le ciel et la mer, ce qu’il y a après tout de plus abstrait dans la nature". |
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