
C’est le 1er juillet 2008, dans la quiétude de l’été, alors que la France était déjà à ses vacances, que le gouvernement publiait un décret au Journal officiel annonçant la naissance du fichier d’Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale. Sans trop de faire-part et surtout sans trompette, Edvige était officialisé.
Malgré les recommandations du Conseil de l’Europe et les nombreuses réserves de la CNIL, le fichier des Renseignements généraux institué en 1991 serait généralisé et systématique à ’toutes personnes âgée de 13 ans et plus (...) ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique, ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif". Un large panorama de la société ! Tout ça avec pour objectif de maintenir l’ordre public...
Il faut dire que dans les temps d’insécurité où nous vivons, il est bon de savoir à qui on a affaire. Et autant savoir... autant savoir le maximum - "comportement", "déplacements", "l’environnement", "relations directes et non fortuites" et "données à caractère personnel" allant de l’origine ethnique aux opinions en passant par les orientations sexuelles et la santé, si elles sont justifiées "par l’intérêt public". Et fi la liberté individuelle. La liberté, euh non, la sécurité n’a pas de prix ! Même pour les erreurs de jeunesse...
Mais c’était sans compter avec l’esprit indépendant des Français qui, dès l’annonce d’une pétition sur le web se sont pressés en masse de la signer. Face à la grogne montante - même au sein de l’UMP et de la part de certains confrères au gouvernement, d’ailleurs sommés de se taire -, la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, en charge de ce dossier tente de la désamorcer en proposant un "droit à l’oubli" pour les plus jeunes futures fichés. Peine perdue... A ce jour, 165 035 signatures ont été récoltées contre Edvige.
Face à cette mobilisation, Nicolas Sarkozy a intimé à sa ministre de lancer une série de concertations et consultations tout ce qui est nécessaire à la sécurité des Français, il faut le garder. Tout ce qui n’est pas indispensable à la sécurité des Français, il faut l’enlever.
Edvige mettra-t-il en pratique le souhait du chef de l’Etat : "Tout ce qui est nécessaire à la sécurité des Français, il faut le garder. Tout ce qui n’est pas indispensable à la sécurité des Français, il faut l’enlever" ou le glas sonnera-t-il à tout jamais dessus, comme le désirent ses opposants ?