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Dossier antérieur à février 2011

Son principe a été énoncé par Albert Einstein dès le début du siècle dernier, mais il a fallu attendre les années 60 pour qu'on le mette en pratique. Acronyme anglais de Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation, le LASER se traduit en français par "amplification de la lumière par émission stimulée de radiations".
Le laser est donc un dispositif qui amplifie la lumière, une lumière qui n'a qu'une seule couleur, c'est-à-dire qu'elle n'a qu'une longueur d'onde et qu'elle est dirigée dans une seule direction.
Pour comprendre comment cela fonctionne, on peut faire une comparaison entre le laser et la lumière d'une ampoule : la lumière de cette dernière fonctionne comme un hall de gare où tous les passagers marchent dispersés, de façon indépendante, l'intensité de la lumière est la même dans toutes les directions et elle se compose de nombreuses longueurs d'ondes, c'est-à-dire de couleurs différentes dont la somme donne la couleur diffusée.
A l'inverse, un laser est plutôt comparable à une armée où tous les soldats marchent en rang, habillés de la même façon, d'une seule couleur, et se dirigent vers un seul but. Le faisceau laser peut être concentré sur des zones minuscules et dégage ainsi localement une très grande densité énergétique.
Certains lasers ont un effet thermique, c'est-à-dire qu'ils transforment la lumière en chaleur, mais il en existe encore d'autres qui ont des effets différents : par exemple, certains agissent non pas par effet thermique mais mécanique.
Si l'on prend l'exemple d'un angiome sur la peau : avec les lasers à effet thermique, les vaisseaux capillaires de l'angiome seront coagulés, alors que les lasers à effet mécanique font exploser ces vaisseaux.
Un autre exemple de cet effet mécanique est le "détatouage". Le laser fait exploser les grosses molécules de pigment du tatouage, ce qui donne naissance à des molécules plus petites qui sont ensuite absorbées par la peau.
La première application médicale du laser a eu lieu en 1961, il s'agissait d'un traitement d'une tumeur de la rétine. Aujourd'hui, près de 200 000 interventions au laser ont lieu chaque année, en France, et les applications de ces lasers sont nombreuses en médecine.
Les lasers sont beaucoup utilisés en dermatologie, en ophtalmologie, dans la microchirurgie de la myopie et de la cataracte, et en dentisterie, pour le soin des gencives et le traitement des caries.
Mais on retrouve aussi les lasers dans bien d'autres domaines où on les attendait moins. Par exemple, les gynécologues s'en servent pour détruire les lésions provoquées par le papillomavirus, une infection sexuellement transmissible qui induit des cancers de l'utérus. En ORL, les lasers sont utiles pour détruire des tumeurs des bronches ou de la trachée.
Depuis 2000, on les utilise également en phlébologie, pour le traitement des varices. Le Laser EndoVeineux (LEV) est alors une alternative à la chirurgie habituelle qui consiste à enlever la veine saphène.
Il faut rappeler que les varices sont des dilatations de veines superficielles situées entre les muscles et la peau. Les membres inférieurs comportent un réseau veineux profond, au contact des os et de la face profonde des muscles, assurant l'essentiel du retour veineux, et un réseau superficiel. Les multiples veines superficielles se jettent essentiellement dans la veine saphène interne, qui s'étend de la cheville au pli de l'aine, se terminant dans la veine fémorale.
Lorsque les varices sont importantes, on peut être amenée à effectuer un geste radical : le stripping. Il s'agit d'enlever la totalité de la veine saphène défaillante. L'objectif du stripping n'est pas de retirer toutes les varices mais de couper leur alimentation. Avec le laser, au lieu de retirer cette veine saphène, on va la mettre hors service, en la détruisant de l'intérieur.
Les lasers sont souvent moins traumatiques que la chirurgie classique. Ce ne sont toutefois pas des remèdes miracles car ils comportent, par exemple, des risques de brûlure et de vieillissement cellulaire, pour la peau ou les yeux.
Mais nous n'avons pas tellement de recul dans ce domaine puisqu'ils ne sont vraiment utilisés en médecine que depuis quinze ans. En tout cas, ils sont d'ors et déjà devenus des outils de traitement indispensables et de nouvelles applications ne cessent d'apparaître.

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