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Tabac : demain, j'arrête







Depuis le 1er février 2007, il est interdit de fumer dans tous les lieux fermés et couverts accueillant du public ou qui constituent des lieux de travail, dans l'ensemble des transports en commun et dans toute l'enceinte des établissements scolaires. Les bureaux individuels sont également concernés par cette interdiction.

Une bonne occasion d'arrêter - 60 % des Français qui fument en ont le souhait. Selon un sondage réalisé par un fabricant d'aides au sevrage, 49 % d'entre eux déclarent que l'interdiction de fumer dans les lieux publics les incitera à arrêter ou à réduire leur consommation, 13 % déclaraient qu'ils arrêteraient de fumer le 1er février 2007.

Lorsque l'on inhale la fumée, elle va des lèvres jusqu'aux poumons en passant par le pharynx puis le larynx, la trachée et les bronches. Au niveau des alvéoles des poumons, la nicotine et les différentes substances de la fumée, comme les goudrons, passent dans le sang... La nicotine va alors vers le cerveau en moins de 20 secondes et se fixe sur des récepteurs spéciaux.

Elle agit également sur le cœur et les vaisseaux sanguins. Le sang et tout ce qu'il contient passent ensuite dans les reins pour être filtrés et les substances sont éliminées dans l'urine. De ce fait, les reins mais aussi la vessie sont des cibles de la fumée de cigarette. Les cancers qui touchent ces organes sont plus fréquents chez les fumeurs.

Les bénéfices de l'arrêt du tabac

Après l'arrêt total du tabac, il faut plusieurs années pour que l'organisme revienne à son état d'avant la cigarette mais les effets bénéfiques commencent à la minute où vous arrêtez.

Des bénéfices pour le cœur, les poumons, la peau, la sexualité mais aussi le moral. Un ancien fumeur ressent une fierté énorme d'avoir réussi à arrêter et le sentiment de s'être libéré. Là où le fumeur culpabilise, souvent, de ne pas y arriver.

Au bout de cinq ans, le risque de cancer du poumon commence à baisser. En moyenne, au bout de dix à quinze ans, l'espérance de vie redevient identique à celle des personnes n'ayant jamais fumé.

L'arrêt du tabac a aussi des effets bénéfiques sur la peau. Le fait d'arrêter de fumer a beaucoup plus d'effet positif sur la peau, que ce soit sur les rides ou sur le teint, que toutes les crèmes cosmétiques, les vitamines ou anti-oxydants réunis que l'on peut prendre ou appliquer !

Certains des produits contenus dans le tabac diminuent d'une part la quantité de sang qui arrive jusqu'à la peau, en réduisant le diamètre des vaisseaux nourriciers, et diminuent d'autre part la quantité d'oxygène que le sang peut libérer. Résultat, le teint est terne parce que la peau est mal oxygénée  et les rides sont plus profondes parce que les cellules qui fabriquent le collagène, appelées fibroblastes, sont mal nourries. Les cheveux tombent et blanchissent plus vite pour les mêmes raisons.

D'autres produits contenus dans le tabac accélèrent la destruction des fibres élastiques qui donnent sa souplesse à la peau, exactement comme le font les rayons solaires. D'où l'apparition accélérée de rides profondes et marquées.

Le teint de la peau va donc s'améliorer à l'arrêt du tabac. Puis, ce sont les rides fines qui vont devenir rapidement beaucoup moins visibles et enfin, les rides profondes, qui seront beaucoup moins nombreuses à apparaître. La peau va retrouver l'oxygène dont elle a besoin et arrêter la destruction accélérée des fibres élastiques qui lui donne sa souplesse.

Pour exactement les mêmes raisons qui font qu'il accélère le vieillissement de la peau, le tabac ralentit de manière très nette la cicatrisation cutanée. Arrêter de fumer va par ailleurs diminuer la sévérité d'un certains nombres de maladies de peau très invalidantes.

La plus fréquente est le psoriasis, qui concerne environ 3 % des Français, soit deux millions de personnes. Le psoriasis est d'autant plus sévère que la quantité de tabac fumé est élevée, surtout chez les femmes. Il est donc systématiquement demandé aux patients qui en souffrent d'arrêter de fumer ou au moins, de réduire au maximum leur consommation de cigarettes.

Une autre maladie de peau, beaucoup plus rare mais elle aussi extrêmement difficile à vivre pour les gens qui en souffrent, est la maladie de Verneuil, qui donne des pustules et des abcès chroniques aux plis de l'aine et des aisselles. Dans ce cas aussi, arrêter de fumer va très nettement diminuer la sévérité des symptômes.

Enfin, la peau a aussi son cancer dû au tabac : on l'appelle spinocellulaire, dont le risque est plus de trois fois plus élevé chez les fumeurs. Dans son cas, comme pour les poumons et le cœur, l'arrêt du tabac ramènera le risque de survenue de ce cancer à son niveau normal.

Les aides pour arrêter

Plusieurs laboratoires tentent toujours de mettre au point la pilule miracle ou encore le vaccin antifumeur, mais pour l'heure, il faut se contenter du premier et encore seul médicament (Zyban) - dans son acception de "molécule chimique" (le bupropion) - commercialisé à ce jour.

Il est délivré sous ordonnance, et donc par un médecin. Il s'agit en fait à l'origine d'un antidépresseur vendu depuis 1989 aux Etats-Unis, et en France depuis 2001. Les preuves de son efficacité sont solides mais ses effets indésirables sont fréquents (sensation de bouche sèche, d'insomnies et de vertiges) et ont pu faire peur à certains. Toute prise de ce médicament doit se faire avec un suivi médical.

Parallèlement, un autre traitement est testé par Sanofi Aventis qui devrait le proposer en 2009. Mais plus proche de nous, une nouvelle molécule sera bientôt disponible sur prescription médicale : la varénicline, vendue sous le nom de Champix.

Il existe aussi ce qu'on appelle les antinicotiniques (gommes à mâcher, comprimés sublinguaux, patchs) qui sont en fait des doses de nicotine que l'on donne à l'organisme par différentes voies d'administration, et donc, différentes formes galéniques.

Ainsi, le corps du fumeur, dépendant à la nicotine, reçoit sa dose mais sans la fumée et tout ce qu'elle contient de très nocif pour ses poumons et ceux de son entourage (comme les goudrons). Petit à petit, on va diminuer la dose jusqu'à la faire disparaître complètement. C'est ce qu'on a trouvé de mieux pour un sevrage efficace en douceur... pour peu que la volonté suive !

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