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Selon une étude de l'Institut National de Prévention et d'Education de la Santé (INPES), les femmes sont plus nombreuses que les hommes à consulter pour une douleur physique ou morale.
Quel que soit notre sexe, la douleur est une sensation qui joue un rôle essentiel dans notre système de défense, aussi désagréable soit-elle. La perception de la douleur sert en effet de signal d'alarme pour avertir le cerveau d'une agression physique ou morale.
Elle fait intervenir un mécanisme réflexe qui nous permet de bien réagir en se protégeant et en réparant les conséquences d'une agression. Par exemple, si l'on approche de trop près un doigt d'une source brûlante, des récepteurs sous forme de terminaisons nerveuses, appelés nocicepteurs, envoient un message à la moelle épinière pour déclencher un réflexe : on retire la main sans même y réfléchir. Puis, le message arrive au cerveau qui interprète.
Mais il existe d'autres douleurs qui font intervenir des mécanismes plus complexes que ceux relevant d'une simple blessure. Ceux qui signalent une maladie organique (une inflammation ou une infection), par exemple, ou encore ceux qui signalent une douleur morale ou psychique (les douleurs psychogènes).
Chaque douleur diffère aussi en intensité et en durée. Quand la douleur est forte et de courte durée, on dit qu'elle est aiguë. Quand elle a une évolution de plus de trois ou six mois, elle devient une douleur chronique.
D'après l'étude de l'INPES, les femmes seraient quatre fois plus nombreuses à consulter pour une douleur chronique, comme les polyarthrites rhumatoïdes ou les douleurs abdominales. Le mal de tête n'échappe pas à la règle, les 3/4 des migraineux sont en réalité des migraineuses.
Même si les recherches montrent que les femmes souffrent de douleurs plus fréquentes et de façon plus intense que les hommes, il semble aussi qu'elles soient plus aptes à composer avec la douleur. Elles vivent en effet des expériences biologiques spécifiques : le cycle menstruel, la grossesse et bien sûr, l'accouchement. Ces évènements biologiques, contrôlés par les hormones féminines (comme les œstrogènes et les progestérones), influencent la perception de la douleur chez les femmes.
Selon une étude américaine, lorsque le taux d'œstrogènes est élevé, le système antidouleur naturel du cerveau déclenche une réponse plus énergique lorsqu'une douleur se déclare. Le cerveau libère des substances chimiques, que l'on appelle endorphines, qui atténuent les signaux douloureux provenant des nerfs. Les chercheurs ont aussi remarqué que lorsque le taux d'œstrogènes est faible, ce même système est moins efficace contre la douleur.
Si les femmes sont plus exposées et plus sensibles à la douleur, elles ont aussi plus de facilité à en parler. De par leur éducation, les hommes rechignent à dire qu'ils ont mal quelque part, comme si c'était un signe de faiblesse ou un manque de courage. Alors qu'au contraire, la douleur est le meilleur signal d'alarme pour détecter un véritable problème de santé.
Depuis 2000, la douleur est mieux prise en charge par les médecins. Le gouvernement veut même renforcer la lutte, avec un nouveau plan sanitaire et social (jusqu'en 2010). Mais tous ces efforts ne serviront à rien si les patients banalisent leurs douleurs et n'en parlent pas à leurs médecins.
Pour en savoir plus
Livre
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Pourquoi les femmes souffrent-elles davantage
et pourquoi vivent-elles plus longtemps ?
Anne de Kervasdoué, Jean Belaïsch
Ed. Odile-Jacob, 2005
25,50 euros
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