|
Le mot sangsue dérive du latin Sanguisuga qui signifie : "je suce le sang". Cette fonction de l'animal a été utilisée dès l'Antiquité. Galien, un médecin grec, employait plutôt le terme Hirudo qui signifie "j'adhère". Ainsi, le traitement par les sangsues est devenu l'hirudothérapie.
Cette méthode ancestrale de la médecine traditionnelle connaît un intérêt nouveau, une sorte de renaissance, depuis plusieurs années, notamment en chirurgie plastique.
La sangsue est un animal invertébré, muni d'anneaux musculaires et appartenant à la famille des vers annelés (classe des Hirudinées). Ses petits muscles lui permettent de s'étendre et de se rétrécir. C'est une cousine de notre lombric de jardin ; à l'âge adulte, elle mesure environ 3 cm de long. A chacune de ses extrémités, une ventouse lui permet de se fixer sur l'hôte.
La ventouse antérieure renferme la cavité buccale qui contient une mâchoire en forme d'étoile. Elle est recouverte par 240 petites dents capables de cisailler la peau, laissant une plaie triangulaire. Et si elle a ingurgité suffisamment de nourriture, elle peut survivre jusqu'à deux ans à jeun. Car la sangsue possède un tube digestif pouvant avaler jusqu'à dix fois son propre poids.
Il existe plus de 600 sortes de sangsues, mais à peine quinze sont utilisées en médecine.
L'hirudo medicinalis est l'espèce la plus appréciée en milieu médical, reconnue pour ses vertus thérapeutiques. Depuis l'Antiquité, différents peuples avaient recours à la saignée pour guérir tout et n'importe quoi, et les sangsues étaient aux premières loges.
De nos jours, les sangsues continuent à se régaler mais pour une autre raison... A partir de la fin du XIXe siècle, on découvre en effet le véritable intérêt thérapeutique des sangsues : leur salive ! Lorsque la sangsue mord sa proie, elle injecte en effet de la salive, laquelle renferme plusieurs substances.
Certaines, comme l'hirudine et la caline, sont capables de fluidifier le sang et d'empêcher l'agrégation des plaquettes. D'autres, comme la destabilase, dissouent la fibrine, principal composant des caillots sanguins. La salive de sangsue peut donc non seulement empêcher la formation de thrombose mais elle peut aussi dissoudre un caillot déjà formé.
L'hirudothérapie fait toujours partie de la médecine traditionnelle de nombreux pays, comme la Russie, la Turquie ou l'Inde, pour tenter de traiter les varices, les tendinites, les arthroses, les hématomes, les furoncles et même les attaques cérébrales.
En France, l'utilité des sangsues est reconnue par l'industrie pharmaceutique, qui en extrait l'hirudine, et surtout par la chirurgie réparatrice, lors de réimplantations d'organe et de greffe de peau.
Mais les sangsues ont pratiquement disparu de leur milieu naturel. C'est à présent une espèce protégée en Europe occidentale, on ne peut désormais se procurer que des sangsues d'élevage.
Pour en savoir plus
Livre
- Thérapie par les sangsues
"Secrets et bienfaits de l'hirudothérapie"
Dominique Kaehler Schweizer Ed. Jouvence, coll. Manuels, mars 2008
|