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C à dire

Présenté par Thierry Guerrier
Du lundi au vendredi 17h30

Emission du Mars 2008

Invité :

Daniel Shek

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Sujet :

L’opération Hiver chaud dans la bande de Gaza

Portrait de Daniel Shek

Lundi 3 mars, l’armée israélienne a totalement évacué ses blindés de Jabaliya dans le nord de la bande de Gaza, laissant la place à un spectacle de dévastation. Les raids et combats qu’elle a menés au cours du week-end ont fait plus de soixante-dix morts palestiniens, dont des femmes et des enfants, et des centaines de blessés.

Cette opération, nommée Hiver chaud, s’est soldée par des critiques dans le monde entier contre Israël pour un usage de la force jugé disproportionné et de lourdes pertes civiles, même si les tirs de roquettes palestiniennes qui se poursuivent ont par ailleurs été condamnés.

Réfutant toute disproportion dans l’offensive lancée par Israël dans la bande de Gaza au cours de ces cinq derniers jours, l’ambassadeur d’Israël en France, Daniel Shek, considère sur le plateau de "C à dire ?!" que "le monde s’est habitué à ces tirs de roquettes sur le sud d’Israël, sur les localités limitrophes de la bande de Gaza, comme une sorte de bruit de fond". Or la "mauvaise nouvelle", c’est que "les Israéliens ne s’y habituent pas, et que vient un moment où cette succession et cette accélération de tirs de roquettes qui visent uniquement les civils (...) doit susciter une réaction".

"On ne bombarde pas des civils. On bombarde des cibles militaires légitimes qui se cachent derrière des civils parce que le Hamas (...) utilise les civils à la fois comme boucliers et comme cibles." Et de poursuivre : "Le fait de se cacher dans une maison où il y a des civils ne vous donne pas l’immunité si vous êtes une cible militaire normale (...). Si on bombarde une maison où il y a mille roquettes qui n’ont pas encore été tirées, ce n’est pas disproportionné."

"Il faut comprendre la complexité d’une telle guerre (...), ce n’est pas une question de noir et blanc. Evidement qu’il n’y a pas de solutions militaires pour éradiquer le terrorisme, comme il n’y a pas de solutions policières pour éradiquer la criminalité. Pourtant, nous déployons des moyens pour combattre des criminels, et de la même manière nous allons déployer des moyens pour combattre le terrorisme."

Revenant sur la suspension de toute négociation de paix avec Israël par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, avant l’arrivée, mardi 4 mars, de la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice à Jérusalem et Ramallah, Son Excellence Daniel Shek affirme : "Israël ne négocie sous aucune pression. Israël, d’ailleurs, a continué à négocier sans arrêt malgré les tirs de roquettes qui n’ont pas arrêté. Le jour de l’attentat suicide à Dimona, Tzipi Livni, la ministre des Affaires étrangères, a rencontré le même soir son homologue", car "tout l’esprit de la négociation, c’est de prévenir ce genre de choses". Et de renchérir : "C’est donner raison au Hamas que de suspendre" les négociations, et "d’ailleurs, une des bases fondamentales d’Annapolis a été, entre les Israéliens et les Palestiniens, de laisser la situation sur le terrain en dehors de la salle de négociation parce qu’il y a toujours la tentation de suspendre".

"Nous sommes en train de mener une guerre que nous n’avons pas voulue (...). La guerre n’a pas commencé il y a cinq jours" mais "le jour, paradoxalement, où Israël a quitté Gaza" car, depuis, "ce sont les roquettes qui nous tombent dessus".

"Le cessez-le-feu interviendra quand les Palestiniens arrêteront de tirer. S’il n’y a pas de tirs palestiniens, il n’y aura pas riposte israélienne. C’est une équation tout à fait simple."

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