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mardi 3 mars 2009
Le Japon s’écroule-t-il ?
TAGS :   Economie Politique internationale Crise économique  
 


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Indicateur de l’ampleur de la détérioration économique à l’échelle planétaire, le Japon, deuxième économie mondiale, vit "la pire crise depuis la Seconde Guerre mondiale". Avec un plongeon sans précédent de ces exportations, l’archipel s’enfonce dans la récession. 


Depuis la faillite de la banque américaine Lehman Brother en septembre 2008, la crise financière ébranle les systèmes économiques des grandes puissances mondiales, mais certains, plus que d’autres, voient leurs indicateurs virer au rouge.

Ainsi au Japon, l’heure est grave. Plongée dans la récession, la deuxième économie mondiale vient d’enregistrer une contraction de son PIB de 12,7 %, au quatrième trimestre 2008, en rythme annuel. Soit un chiffre inédit depuis le premier choc pétrolier de 1973.

La Bourse de Tokyo, qui a fini l’année 2008 en effectuant un plongeon record de 42 %, continue de chuter atteignant, mardi 3 mars, son niveau le plus bas depuis vingt-six ans. Sans compter l’envolée du yen, l’effondrement de 45,7 % de ces exportations - véritable poumon de l’économie nipponne - la baisse de 10 % de sa production industrielle globale et l’évaporation de plus d’un tiers des ventes d’automobiles dans l’archipel.

Le modèle économique de ce pays qui donnait le vertige aux Français depuis plus de quarante ans serait-il en train de vaciller ? Signe de l’aggravation de la crise au Japon, le ministre de la Politique économique et budgétaire, Kaoru Yosano, qui avait traité la crise de "piqûre d’abeille", révisait son jugement, le 16 février, lors d’une conférence de presse, la qualifiant de "la pire crise que le pays ait connue depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale".

Atmosphère de crépuscule au Pays du soleil levant, l’économie nippone, dépendante très largement des exportations, est touchée de plein fouet par la baisse de la demande américaine et le rétrécissement du marché mondial. Les commandes fondent, les ateliers se vident et les licenciements d’ouvriers se multiplient. Ainsi, des dizaines de milliers de travailleurs ont été remerciés et sont allés grossir les rangs des chômeurs dans un pays où l’emploi a de tout temps été sacré.

Le Japon, qui lors du premier choc pétrolier avait connu le recul le plus important depuis la fin de la dernière guerre mondiale, était sorti en trois mois de la croissance négative, en bénéficiant de la demande des pays producteurs de pétrole qui s’étaient enrichis grâce à la flambée des prix du brut. Cette fois encore, le Japon cherche les sources de la croissance vers l’extérieur, regardant vers la Chine, et imagine la relance de demain en investissant dans l’high-tech, la robotique et la mécatronique.

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