De grosses quantités, une large distribution, des prix qui ont massivement chuté... Longtemps réservée à la jet-set, la cocaïne ne cesse de se banaliser chez les plus jeunes, pendant que les autres drogues dures se répandent à travers les campagnes françaises.
"La drogue est l’esclavage du XXI
e siècle." Cette déclaration du président mexicain, Felipe Calderón, confronté au poids grandissant des narcotrafiquants dans son pays, raisonne particulièrement en Europe, devenue en quelques années le second consommateur de ce type de produits dans le monde.
En France, la consommation de substances illicites aurait doublé au cours de ces dix dernières années. Et si l’usage de cannabis se stabilise, celui de la cocaïne, longtemps confinée à des cercles privilégiés et du milieu du showbiz, se banalise dans d’autres milieux et séduit des usagers de plus en plus de jeunes.
Ainsi, en 2005, plus d’un million de Français en avaient déjà consommé au moins une fois, dont 2,6 % des 15-64 ans, selon les derniers chiffres disponibles. Et parmi les jeunes âgés de 17 ans, son expérimentation s’élèverait à 2 % chez les filles et 3 % chez les garçons.
Des lycéens mais aussi des collégiens en quête de sensations nouvelles qui oublient ou méconnaissent le caractère très addictif de cette drogue dure qui lève les inhibitions et peut conduire à commettre des actes de violence. Des problèmes auxquels s’ajoutent à un sevrage difficile, des troubles du sommeil, de l’appétit, du rythme cardiaque et de l’anxiété, souvent à long terme.
Acheminée par grande quantité vers l’Europe, la cocaïne bénéficie d’un effet de mode mais aussi de la baisse du prix du gramme, divisé par deux pour séduire "M. tout le monde", qu’il vive en ville ou à la campagne.
Des territoires où les droguent dures sont en recrudescence au cours de ces derniers mois. Selon les toutes dernières statistiques compilées par la gendarmerie, la quantité d’héroïne saisie dans les zones rurales et périurbaines entre janvier et septembre 2008 a crû de 233 % par rapport à la même période un an plus tôt.