vendredi 19 juin 2009 Le voile : deuxième round
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A l’initiative du député-maire communiste de Vénissieux, André Gérin, une soixantaine de députés, toutes tendances confondues, ont déposé, le 8 juin, une proposition de résolution dans le but de créer une commission d’enquête parlementaire sur le port de la burqa et du niqab en France. Objectif : "dresser un état des lieux, mieux comprendre et définir des propositions afin de lutter contre ces méthodes qui constituent une atteinte aux libertés individuelles sur le territoire national".
Cinq ans après la loi interdisant le port de signes religieux ostensibles dans les établissements scolaires, les parlementaires réclament donc la mise en place d’une nouvelle commission, à l’image de celle présidée par Bernard Stasi en 2003, sur le port de ces voiles, bleu ou noir. Portés par certaines femmes musulmanes, ils recouvrent l’intégralité du corps, de la tête aux pieds et ne laissent apparaître que les mains (gantées) et les yeux pour le niqad. La burqa, dotée d’une grille au niveau des yeux permettant de voir sans être vue, est à l’origine le vêtement traditionnel des tribus pachtounes en Afghanistan. Rendue obligatoire par les talibans dans ce pays, cette tenue est devenue aux yeux du monde le symbole de ce régime.
Mais y a-t-il réellement des femmes en burqa en France ? Le port du niqad est-il en augmentation ? Faut-il légiférer sur le port de ce voile intégral ? Et son interdiction serait-elle liberticide ou libérateur pour elles ?
Aujourd’hui, si la résolution Gérin est encore dans les cartons, le débat est engagé jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. Nicolas Sarkozy devrait s’exprimer sur la question lundi prochain, devant les parlementaires réunis en congrès à Versailles.
