Selon une étude britannique, les aliments biologiques n’apporteraient rien de plus au point de vue des nutriments. Une enquête qui élude les effets sur la santé des pesticides et herbicides utilisés par l’agriculture conventionnelle. Le surcoût du bio se justifie-t-il ?
La publication, le 28 juillet 2009, dans l’
American Journal of Clinical Nutrition, d’un rapport de la Food Standards Agency (l’Agence britannique des normes alimentaires) basé sur 162 des 90 000 études scientifiques réalisées pendant ces cinquante dernières années révèle que les légumes et fruits cultivés de manière biologique ou pas n’ont pas de différences significatives quant à la qualité nutritionnelle.
Le petit monde de l’agriculture biologique et leurs consommateurs sont sous le choc après cette annonce et les réactions ne sont pas faites attendre. Ainsi, certains reprochent à cette étude de ne pas avoir pris en compte les effets positifs de cette méthode de production sur l’environnement.
De même, si ce rapport confirme les résultats publiés par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments en 2003, cette dernière avait reconnu que "le mode de production biologique, en proscrivant le recours aux produits phytosanitaires de synthèse, élimine les risques associés à ces produits pour la santé humaine et concourt à une moindre pollution environnementale, notamment de la ressource en eau". Un point de vue qu’appuie le professeur Serge Hercberg de l’INSERM, qui s’inquiète des risques, pour les agriculteurs, à manipuler et inhaler des pesticides.
La parution de cette enquête a lieu alors qu’avec la récession, une baisse notoire - notamment en Grande-Bretagne - a été enregistrée dans les ventes de produits bios. Un marché qui était en constante progression ces dernières années. En France, par exemple, en 2008, le secteur a comptabilisé 2,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit une hausse de 13 % par rapport à 2007.
Face l’engouement du consommateur français pour les produits biologiques, les agriculteurs s’adaptent peu à peu. Ainsi, après une augmentation moyenne de 2,5 % par an entre 2001 et 2007 du nombre d’exploitations agricoles bios, 2008 a enregistré une hausse de 11 %.
Pourtant, avec seulement 2 % de surfaces agricoles utiles cultivées selon cette méthode, la France reste l’un des pays les moins dynamiques de l’Union européenne. Un état de fait que le gouvernement, à travers le Grenelle de l’environnement, voudrait modifier, en se fixant pour objectif 6 % de terres cultivables en 2012 et de 20 % à l’horizon 2020.