Durement frappé par la crise, le Japon connaît un séisme politique. Après un demi-siècle de pouvoir libéral, les électeurs ont opté pour un autre choix de société. Elu avec un programme de réformes sociales, le centre gauche va devoir faire face à de nombreux défis.
Une importante page politique et économique se tourne dans la péninsule nippone. Les électeurs japonais ont choisi massivement, dimanche 30 août 2009, de mettre fin au règne quasi-ininterrompu du Parti libéral démocrate (PLD) depuis cinquante quatre ans et de confier les reines du pouvoir à la principale formation d’opposition, le Parti démocrate du Japon (PDJ).
Déjà majoritaire au Sénat, grâce à une alliance avec deux autres mouvements d’opposition, les démocrates, qui ont remporté plus de 300 des 480 sièges de l’Assemblée, vont désormais avoir le contrôle absolu sur le Parlement. Une franche rupture électorale qui témoigne d’un désir de changement de la population japonaise et d’un rejet massif de la politique défendue par les conservateurs, responsables selon certains de l’endettement spectaculaire du pays, du chômage, de la baisse du pouvoir d’achat et de la paupérisation de la société.
L’échec est d’autant plus cuisant pour le Parti libéral démocrate, fondé en 1955, qu’il semblait indétrônable. Il n’est désormais crédité que de 109 sièges et plusieurs de ces caciques, dont de nombreux anciens ministres, ont été défaits par les urnes. Le premier d’entre eux, Taro Aso, a aussitôt tiré les leçons de cette défaite en annonçant sa démission du parti.
Le nouvel homme fort du pays, le président du PDJ, Yukio Hatoyama, devrait être nommé Premier ministre par le nouveau Parlement d’ici deux semaines. Partisan de la relance économique par la consommation, il s’est engagé à être plus généreux à l’égard du troisième âge, qui représente plus de 20 millions de Japonais ; à augmenter le salaire minimum ; à rendre l’école partiellement gratuite ou encore au versement d’une prime à la naissance. Une politique qu’il compte financer en faisant la chasse aux "gaspillages" budgétaires et en réduisant les salaires et le nombre des fonctionnaires.
Attendu au tournant, le Parti démocrate du Japon, qui n’a jamais gouverné et dont certains doutent de sa capacité à diriger la deuxième économie mondiale, a désormais plus d’un an pour faire ses preuves avant les prochaines échéances électorales : les sénatoriales.