Trois jours après le suicide d’une salariée de France Telecom, le 23
e en dix-huit mois dans l’entreprise, un autre employé a tenté de mettre fin à ses jours. Face à cette longue série noire, le ministre du Travail rencontre, ce mardi, le P-DG de l’opérateur téléphonique.
Mardi 8 septembre 2009, un technicien de France Telecom basé à Troyes se poignardait en pleine réunion devant ses collègues. Deux jours plus tard, toujours au sein de cette entreprise, c’est une salariée de 32 ans qui se jetait du quatrième étage d’un immeuble à Paris, et dans la matinée du lundi 14 septembre, une emloyée de 53 ans était retrouvée inanimée dans une agence de Metz, après avoir avalé des barbituriques.
Afin de stopper l’hécatombe chez France Telecom - vingt-trois suicides et treize tentatives en dix-huit mois -, le géant français des télécommunications s’est engagé à adopter des méthodes "plus humaines". Cette annonce a eu lieu mardi 15 septembre, à l’issue d’un entretien avec le ministre du Travail, Xavier Darcos, représentant de l’Etat, actionnaire principal de l’entreprise.
Au nombre des mesures prises pour mettre un "point d’arrêt à cette mode des suicides qui choque", Didier Lombard, P-DG de France Telecom, a annoncé l’ouverture de négociations avec les syndicats pour un accord sur le stress. De plus, l’opérateur prévoit l’embauche de cent Directeurs des Ressources Humaines (DRH) supplémentaires, le gel, jusqu’à fin octobre, des mesures de mobilité forcée ou encore, la mise en place d’un numéro Vert : "La ligne du dialogue". Au bout du fil, des psychologues extérieurs à l’entreprise écouteront et dialogueront avec les salariés en difficulté.
Déclarant qu’il mettrait "tout en œuvre pour qu’un nouveau contrat social émerge après cette période de négociations et d’actions", Didier Lombard a promis que "le France Telecom du mois de décembre ne sera pas le France Télécom d’aujourd’hui".
A ce jour, la société est sous le choc, le malaise y est général et les syndicats continuent à dénoncer les méthodes de management du groupe.