D’après la presse américaine et allemande, Goldman Sachs aurait permis à l’Etat grec de maquiller la réalité de sa dette. Une pratique suspectée sur les comptes d’autres pays de la zone euro qui fait craindre d’éventuelles "bombes à retardement" financières.
Sous le feu des critiques pour leur responsabilité dans la crise des
subprimes, les banques, et la Goldman Sachs en particulier, sont une nouvelle fois pointées du doigt pour leurs pratiques. Ainsi, selon des informations des quotidiens allemand
Der Spiegel et américain
The New York Times, du 14 février 2010, l’établissement financier aurait, avec l’aide d’autres banques de Wall Street, élaboré un montage financier permettant à la Grèce de dissimuler l’ampleur de sa dette pendant plusieurs années.
Les faits évoqués remonteraient à 2001, époque de l’adhésion de ce pays à euro. Afin de respecter les règles européennes en matière de déficit, il aurait réduit le montant de sa dette en ayant recours, sur les conseils de la Golden Sachs, à un "
swap de devises", c’est à dire un échange de devises. Cet outil financier, permettant d’emprunter sans faire apparaître les montants dans les statistiques officielles, aurait été utilisé par l’Etat grec une nouvelle fois en 2002. Une pratique qui aurait aussi tenté d’autres pays d’Europe du Sud, comme l’Italie ou l’Espagne.
Mais si, selon le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou, ces instruments étaient "légaux à l’époque", les
swaps font aujourd’hui scandale. Ainsi, la chancelière allemande, Angela Merkel, a vivement réagi, mercredi 17 février, estimant que "ce serait une honte, s’il s’avérait que les banques, qui nous ont déjà amenés au bord du précipice, ont également participé à la falsification des statistiques budgétaires de la Grèce". Quand la ministre de l’économie française, Christine Lagarde, a, pour sa part, annoncé qu’une enquête pour vérifier ce qui a été fait allait être effectuée par l’institut de statistique européen Eurostat.