france5.fr
C à dire

Du lundi au vendredi à 17.30

Qui sont aujourd’hui les détectives privés ?

Émission du 09/05/2014

Sommaire

  • 1

    Résumé

    Moins d'affaires d'adultères, beaucoup d'enquêtes pour les entreprises privées, plus de femmes… Le métier de détective privé a beaucoup évolué ces dernières années. Le décryptage d’Arnaud Pelletier, fondateur et directeur de l’agence Le privé.

     

    Le métier de détective privé a fourni des personnages célèbres en littérature comme au cinéma. On a tous à l’esprit Sherlock Holmes, Hercule Poirot ou Nestor Burma. Mais sont-ils représentatifs de la réalité de la profession aujourd’hui ? Qu’est-ce qu’être détective privé en 2014 ? "C’est vrai que l’on est bien loin de cette image d’Épinal, en fait. Pour vous définir le métier, je vais vous donner une définition, qui est la définition officielle, mais qui résume bien les choses. Cette définition c’est l’article L621 du Code de la sécurité intérieure qui stipule que c’est une profession réglementée, libérale et qui consiste pour un individu à rechercher des renseignements ou des informations pour la défense des intérêts de son client, sans faire état de sa qualité ni révéler l’objet de sa mission".

    "Alors, le mari volage correspond effectivement à cette définition. C’est évidemment l’image que l’on a de l’enquêteur privé, avec le droit de la famille, et donc l’adultère. Cela fait donc partie toujours des activités de l’agent de recherche privé, mais dans une moindre mesure suite à la réforme de 1975 du divorce qui fait qu’aujourd’hui cela reste une faute et qu’il y a moins de conséquences. D’autre part, le métier s’est diversifié, et dans le droit de la famille, il y a également les enfants. Vous avez, par exemple, des enfants mineurs qui peuvent consommer des stupéfiants et des parents qui nous confient une mission".

    Par ailleurs, il faut avoir à l’esprit que c’est "à nous d’analyser la demande du client, et que l’on n’accepte pas tout. En réalité, il y a quatre termes issus de la jurisprudence qui vont mettre les clous que l’on va accepter ou pas : légalité, si ce n’est pas légal on ne le fait pas. Légitimité, cela ne nous apparaît pas légitime on le fait pas. Enfin loyauté et proportionnalité. Donc, des parents peuvent m’appeler, me dire que leur fils a un comportement bizarre, s’isole par rapport à la famille, vol des fois un peu d’argent, a des résultats scolaires qui dégringolent, voir même fugue. Là, les parents sont inquiets et c’est très compliqué. Car si l’enfant est mineur ils peuvent se tourner vers les forces de l’ordre, mais des fois l’enfant est juste majeur, et alors ils se retrouvent démunis et font appellent à nos services pour en savoir un peu plus. À nous de voir où l’on met le curseur".

    Et pour cela "on a un panel d’outils qui nous permet de mettre le curseur, mais toujours de façon proportionnelle. On ne va pas faire cela pendant six mois. Chaque dossier fait l’objet d’un devis et d’une étude donc il n’y a pas de prix type, mais en moyenne un dossier familial entre 1000 et 2000 euros. Et un dossier professionnel entre cinq et six. Mais c’est très variable. Des fois c’est moins cher, des fois c’est plus cher, mais c’est vraiment dû cas par cas. Ce qui est clair aussi c’est que ce n’est pas donné parce que derrière il y a un enjeu juridique. On n’en a pas parlé mais si l’on prend les problèmes familiaux dans le cadre de séparation, il y a un enjeu juridique pour que le rapport d’enquête aille en justice et que le client puisse faire valoir des droits".

    Quels sont les outils et les gadgets électroniques à la disposition des enquêteurs aujourd’hui ?  On trouve aujourd’hui dans le commerce ce que l’on appelle la souris-espionne, mais il faut savoir que "c’est complètement illégal. Mon métier est de garantir un certain nombre de libertés individuelles, donc je ne l'utilise pas. En revanche, les particuliers le font, ils le font même de plus en plus, et cela pose un vrai problème à la fois dans la sphère familiale, mais aussi dans la sphère d’entreprise. Alors quels sont nos outils ? Nous pouvons utiliser le camion sous-marin, être en planque puisque l’idée est de voir sans se faire voir. Rien là de nouveau sous le soleil. En revanche, il y a tout l’environnement avant avec Internet (les réseaux sociaux, etc) qui a révolutionné notre métier. Mais après le fondement de notre métier, c’est quand même l’être humain et on a beau tourner en rond, c’est l’enquêteur par rapport à la réglementation qui va permettre par ses constations sur la voie publique, en respectant la vie privée, de faire état d’un certain nombre de faits pour faire valoir les droits du client". Et il est vrai que "c’est assez rare que l’on ne confirme pas les doutes de nos clients".

    "Enfin, le métier a subi une véritable révolution ces dernières années. Il y a dix ans, on estimait qu’il y avait à peu près 3000, 3500 enquêteurs privés en France. Le dernier recensement de cette année a fait état de 750 enquêteurs privés. Le métier s’est énormément spécialisé, il y a désormais une obligation de formation avec un diplôme qui est obligatoire, sans diplôme, on ne peut pas exercer cette profession. Tout cela fait que le curseur de compétence a énormément augmenté, et comme ce diplôme est souvent lié à des études de droit, il y a beaucoup de femmes qui font ce type d’études et qui sont intéressées par ce type d’activité".

Publicité