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La gauche au pouvoir peut-elle agir contre la crise ?

Émission du 18/01/2013

Sommaire

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    Résumé

    C'est un livre qui fait du bruit en ce début d’année. Dans La gauche n'a plus droit à l'erreur, cosigné avec l’ancien Premier ministre Michel Rocard, l’économiste Pierre Larrouturou, membre du bureau national du PS, dresse un diagnostique sombre et développe quinze propositions pour sortir de la crise.

     

     

     

     

    Aujourd’hui, face à la crise qui "est loin d’être finie", Pierre Larrouturou affirme qu’il est possible de "s’y prendre autrement", de retrouver l’équilibre des finances publiques sans austérité et le passage à "la semaine de 32 heures sur quatre jours est l’une des quinze propositions que l’on fait". Pourquoi ? "On se rend compte que dans tous les pays, à l’heure actuelle, il y a un problème avec les délocalisations. La Chine ne respecte aucune des règles sociales qu’elle a signées avant d’entrer à l’OMC. Mais globalement, malgré les délocalisations, la production industrielle sur le territoire français, mais aussi européen ou américain ne baisse pas. La production est globalement stable, par contre l’emploi industriel recule beaucoup à cause des gains de productivité. Grâce aux robots, aux ordinateurs, à l’intelligence des gens, chaque année on produit plus avec moins de travail. Or, le contrat social n’a pas changé, et du coup on a un partage du travail qui est stupide : ou bien vous travaillez zéro heure par semaine, il y a quatre millions de chômeurs qui font zéro heure par semaine ; ou bien vous travaillez plein pot, la durée réelle en France aujourd’hui est à plus de 39 heures. Donc l’idée est de partager et concrètement on propose à l’entreprise d’arrêter de payer les cotisations chômages, si elle passe à quatre jours et qu’elle crée 10 % d’emplois en CDI. Et là, bonne nouvelle, c’est que cela marche dans 400 entreprises. Si vous allez actuellement chez Fleury Michon, par exemple, l’usine travaille six jours par semaine, mais chaque salarié ne fait que quatre jours."

     

    Il faut bien comprendre que "de toute façon, on fait des gains de productivité. De toute façon, il y a des robots ou des ordinateurs et personne ne propose de les supprimer. Dans tous nos pays, globalement, on a besoin de moins de travail, donc ou bien on accepte un partage sauvage fait par le marché avec des gens qui font zéro heure par semaine, plein de petits boulots très mal payés, et ceux qui ont la chance d’avoir un vrai boulot restent à 40 heures. On a ainsi un partage binaire, stupide et il n'y a que les actionnaires qui y gagnent parce que les salariés ont la trouille et ne peuvent pas négocier les salaires. Ou bien on est capable de négocier, pas par la loi, pas de façon abrupte, mais ce que l’on propose avec Michel Rocard, c’est de réfléchir à une autre division du travail qui allie l’efficacité économique. Les entreprises qui sont passées à quatre jours n’ont pas augmenté d’un centime les coûts de production, mais elles ont créé 125 emplois, 200 emplois, et cela, c’est autant de personnes qui cotisent pour les caisses de retraites et de maladie."

     

    "Après, ce n’est pas la seule solution. On montre aussi comment on pourrait financer les PME, comment on peut retrouver l’équilibre des finances publiques sans austérité (…) et qu’il n’y a pas une seule solution." D’ailleurs, "pour aider à lutter contre les délocalisations, ce que l’on propose également, c’est un traité de convergence sociale au niveau européen, sinon l’entreprise automobile va partir en Roumanie ou en Pologne. Cela fait douze ans que l’on se bat avec le soutien de Romano Prodi et d‘autres, mais là, il y a des traités européens qui sont en discussion. C’est un truc historique dont on ne parle pas en France, mais en Allemagne, on dit que dans trois ans il y aura un référendum. Angela Merkel dit qu’il faut un salaire minimum et un pacte social. Et c’est l’une des propositions que l’on fait", conclut Pierre Larrouturou.

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