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Le business des sites de rencontres se porte bien

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Le business des sites de rencontres se porte bien

Ils vous promettent de rencontrer enfin l’âme sœur. Meetic, Attractive World, E Darling… Il y aurait 2000 sites de rencontres en France. Et le marché est conséquent : 200 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Près d'un tiers des internautes français déclarent avoir été ou être inscrits sur un site de rencontres sur Internet. (selon Médiamétrie - Paris Dauphine)

L’INSEE comptabilise 18 millions de célibataires en France. Et selon les dernières données de l’institut, 51% des Parisiens seraient célibataires… Pour être très précis sur un total de 1 922 108 habitants, il y a 996 608 personnes déclarées célibataires. Tous ces cœurs à prendre représentent une manne financière considérableMeetic, numéro un sur le marché, créé en 2002, totalise 164 millions d'euros de chiffre d’affaires en Europe. Le groupe refuse en revanche de communiquer sur ses résultats en France. Adopte un mec culmine de son côté à 16,1 millions d'euros de chiffre d’affaires en 2012, et prévoit 22 millions en 2013. Et ce n’est pas tout : le chiffre d’affaires du site - qui se revendique comme un supermarché de la rencontre- a connu une croissance de 237% depuis sa création en 2007. Et compte 7,7 millions d'inscrits. Selon le baromètre de l'économie numérique publié par Paris-Dauphine et Médiamétrie, 30% des internautes français déclarent avoir été ou être inscrits sur un site de rencontres sur Internet.

Les sites de rencontres ciblent de plus en plus les profils

Ces dernières années, ces sites ont fortement évolué. Terminé le site généraliste qui brasse tout type de profils. Pour optimiser vos chances de rencontrer (si ce n’est l’âme sœur, au moins une personne qui corresponde à vos attentes), les sites ciblent et deviennent communautaires. On se rencontre entre musulmans comme sur Mektoube, chrétiens avec Theotokos, ou en fonction de ses affinités politiques ou sexuelles. Une passion commune peut aussi être à l’origine d’une rencontre, comme avec le site Vinealove, créé en juin dernier, destiné sans surprise aux amoureux du vin, et qui totalise déjà 2000 inscrits. Professionnels ou amateurs. Comptez 18€ pour une inscription d’un mois. Certains misent sur un tout autre genre. C’est le cas de SugarDaddy qui propose aux hommes mûrs aisés de rencontrer des jeunes femmes. Sur leur site, c’est une blonde typé Europe de l’Est qui vous accueille. Mais il ne s’agit pas d’un site d’escorts girls pour autant, dit-on. D’autres ont le mérite d’avoir mis un terme à l’hypocrisie ambiante de ces sites. Gleeden est destiné aux infidèles qui s’assument. Au moins, les choses sont claires, si vous rencontrez l’âme sœur, vous saurez qu’elle n’est plus disponible. Cela vous évitera très certainement de perdre votre temps. Mais avec 2000 sites de rencontres d’un genre très différent, chacun devrait y trouver son compte… (à défaut de trouver sa moitié).

Des rencontres pas si sérieuses

Une enquête réalisée par l’IFOP en 2012 révèle que 56% des sondés pensent que les sites de rencontres rendent plus faciles les rencontres amoureuses que par le passé. Les personnes inscrites interrogées à cette occasion ne rêvent pas pour autant de rencontrer le grand amour : ils sont 62% à répondre « une aventure sans lendemain », 38% seulement une « relation sérieuse ». Les femmes sont d’ailleurs –cliché oblige- plus romantiques que les hommes : elles sont 56% à s’être inscrites sur un site de rencontres pour augmenter leurs chances de rencontrer l’âme sœur contre 48% pour les hommes.

Le fait d’avouer que l’on a rencontré sa moitié sur internet reste difficile. Parmi les personnes sondées pour l’enquête IFOP, à la question « si vous aviez une relation avec quelqu’un rencontré sur un site de rencontres, diriez-vous à votre entourage que vous l’avez connu par ce biais ? » 18% répondent non, 36% oui mais difficilement, 46% oui facilement. Stéphane Rose, auteur de Misère sexuelle le livre noir des sites de rencontres justifie ce phénomène par le fait que « la rencontre via internet est presque dévalorisée aux yeux d’autrui puisqu’elle est d’abord virtuelle. Les gens considèrent qu’une histoire d’amour doit être exceptionnelle, unique donc si elle débute sur un site de rencontres, la part de rêve s’envole pour la plupart des gens ».

La rencontre virtuelle n’est qu’un moyen

Même le leader Meetic tente de casser cette idée, en proposant désormais des soirées célibataires : diners ou ateliers cuisine. Preuve (ou pas) que la rencontre virtuelle ne doit durer qu’un temps. Car le principal risque de ces sites, c’est d’entretenir une relation virtuelle trop longtemps. « Au début, on est tenté par le charme de l’épistolaire, mais le risque c’est que ce soit totalement contreproductif et que, une fois face à la personne, on n’ait plus rien à lui dire », raconte Caroline Huyghues, auteur du blog Deshommes.com et du livre Caroline recherche un mec.com. « Je limite donc au maximum les échanges épistolaires pour le rencontrer très rapidement. Comme ça il n’y a pas trop d’enjeux. L’approche est plus réaliste, plus décontractée, plus saine aussi».

Reste que tout ceci a bien entendu un coût. D’après l’Observatoire des réseaux sociaux de l’IFOP, 69% des utilisateurs des sites de rencontres se disent insatisfaits des tarifs pratiqués. Si l’inscription est gratuite sur la plupart d’entre eux, l’accès aux services pour consulter le profil d’une personne ou lui envoyer un message sont payants. Certains sites proposent des tarifs dégressifs en fonction de la durée de l’abonnement (pour Meetic affinity par exemple 50€ l’abonnement pour un mois, 15€ pour 12 mois). E darling : 29€ par mois pour un engagement d’un an. Prenez garde aussi aux abonnements au mois souvent renouvelés tacitement.

 

Sarah Belhadi  
@SBel01

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    Meetic, Adopteunmec, Gleeden... Il existe près de 2 000 sites de rencontres en France, un business qui pèse pas moins de 200 millions d'euros. Alors que ce marché n'existait pas au début des années 2000, la concurrence y est aujourd'hui féroce. Résultat : les acteurs de la rencontre sur Internet rivalisent d'idées pour se démarquer et attirer de nouveaux clients: gratuit pour les filles, soirées pour des rencontres « dans la vie vraie », spécialisation dans la recherche de l'adultère etc.

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