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L’or bleu disparait
L’or bleu c’est simplement l’eau potable. On emploie le mot « or »
car l’eau salubre est une ressource inégalement répartie sur le globe,
et parfois aussi rare qu’un métal précieux.
Constat
Sur la planète, environ 1,2 milliard de personnes sont privées d’eau potable. Depuis le début des années 70, le monde a subi divers chocs pétroliers, le prochain siècle pourrait malheureusement connaître des conflits géopolitiques et commerciaux liés à la maîtrise d’une ressource indispensable à la vie : l’eau. L’explosion incontrôlée de la demande de l’industrie, de l’agriculture, du tourisme et des ménages des pays riches a conduit à la pollution de certaines nappes phréatiques et à des gaspillages annonciateurs de sévères pénuries. L’inégale répartition de l’eau sur la planète impose de trouver des solutions. Selon l’Organisation mondiale de la santé plus 8 millions de personnes (15 êtres humains par minute) meurent chaque année de maladies liées à l’eau (choléra, typhoïde, polio, méningite, hépatite A et E, diarrhées, dysenterie, bilharziose, malaria, etc. selon Michel Camdessus « L’EAU » rapport du panel d’experts internationaux remis au Secrétaire général de l’ONU.) Avec une population projetée de huit milliards d’habitants d’ici 2025, l’accès à l’eau pour tous, sans discrimination d’âge, de sexe, de race et de richesse représentera l’un des grands défis de l’humanité.
L’eau, c’est la vie !
L’eau est une denrée alimentaire vitale dont la qualité et l’abondance sont des nécessités quotidiennes. En situation extrême, l’être humain peut survivre quelques semaines sans nourriture, mais sans eau, il ne survit pas plus de trois jours. Chacun devrait boire environ deux à trois litres d’eau par jour, voire même jusqu’à six litres dans les régions chaudes.
L’eau insalubre : premières victimes, les enfants
Le manque d’eau potable et d’assainissement tue 1,6 million d’enfants de moins de 5 ans par an. 400 millions, soit un cinquième des enfants dans le monde, ne disposent pas du minimum vital en eau potable. Pour qu’un enfant puisse boire, laver ses mains de la saleté porteuse de microbes et préparer un simple repas, il lui faut au moins vingt litres d’eau salubre par jour, soit environ deux seaux. Sans cela, les jeunes deviennent facilement la proie d’affections potentiellement mortelles qui se propagent par l’intermédiaire d’une eau polluée ou de doigts sales. Par ailleurs, 21 % des enfants vivant dans les pays en développement souffrent d’un grave manque d’eau, car ils n’ont pas de source d’eau potable à moins d’un quart d’heure de marche de chez eux.
L’année 2005 avait marqué le début de l’action « L’eau, source de vie », une initiative internationale visant à fournir aux foyers et aux écoles du monde entier de l’eau potable et des installations sanitaires de base. La fourniture de ces services aux ménages les plus démunis est au centre des initiatives visant à la réalisation, d’ici 2015, d’un grand nombre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), en particulier l’OMD n° 4, qui appelle le monde entier à faire baisser d’au moins deux tiers les décès d’enfants évitables. En Afrique subsaharienne, un enfant sur cinq n’atteint pas son cinquième anniversaire. 43% des jeunes boivent de l’eau insalubre, ils risquent ainsi de contracter une maladie, ou même de mourir, à chaque gorgée. L’impact, sur la santé des enfants, de l’eau insalubre, d’installations sanitaires insuffisantes et d’une hygiène inadéquate ne se mesure pas seulement aux 4 000 enfants qui meurent chaque jour de maladies liées à l’eau, comme les diarrhées, mais également aux millions d’autres qui survivent avec difficulté parce qu’ils sont souvent malades. Lorsque les enfants ont facilement accès à l’eau salubre, à des installations sanitaires de base, à une éducation et à l’hygiène, les résultats peuvent être spectaculaires, pour le plus grand profit des programmes de réduction de la mortalité et de la pauvreté. La santé des enfants s’améliore, de même que le taux de fréquentation scolaire. Ces retombées bénéfiques peuvent provenir d’une installation aussi simple qu’un puits avec pompe à main dans une école ou un système de purification de l’eau.
Deuxième victime, les agriculteurs
Ils sont touchés par un autre mode de contamination : la bilharziose. La bilharziose est une maladie infectieuse due à la pénétration d’un ver à travers la peau. L’agriculteur s’infeste par simple contact avec les eaux contaminées, contenant des larves (lacs, rivières, mares, fleuves). La bilharziose sévit dans différents pays du monde : l’Afrique, le Proche-Orient et le Moyen-Orient, l’Asie du Sud-Est, l’Amérique du Sud. Le foyer le plus important de bilharziose au monde se situe au Sénégal à Richard Toll. La gravité de la maladie se mesure par le nombre d’œufs retrouvés par gramme de selles. Cette maladie est responsable d’environ 500 000 décès chaque année. La prévention passe avant tout par l’éducation sanitaire, la protection des eaux douces des déjections humaines (selles, urines) et l’absence des contacts humains avec les eaux contaminées. Le vaccin contre la bilharziose, attendu depuis longtemps, n’est toujours pas au point.
L’eau : des enjeux géopolitiques
Par géopolitiques, il faut entendre toutes sortes de rivalités de pouvoirs sur des territoires. Dix pays possèdent 65% de l’or bleu disponible sur l’ensemble de la planète. La gestion de cette répartition très inégale est un enjeu mondial majeur qui se traduit par des tensions intra-nationales. On parle de plus en plus de géopolitique de l’eau, de batailles de l’eau.
Pourquoi est-il question de batailles de l’eau ?
D’abord parce que dans un très grand nombre de pays, l’eau est de plus en plus considérée comme un bien rare. Parce que la population des villes du Tiers-Monde augmente considérablement et parce que dans les pays riches la consommation en eau par habitant s’accroît considérablement. Aussi les hommes doivent-ils faire de plus en plus efforts pour en trouver et pour la conserver. Ils doivent en quelque sorte faire preuve d’imagination pour aller capter l’eau dans les profondeurs du sol, pour construire des barrages au travers des vallées afin de stocker l’eau, pour creuser des canaux et détourner les cours d’eau vers les villes où on en a le plus besoin, afin d’éviter qu’une eau de plus en plus précieuse aille se perdre inutilement dans la mer où le sel la rend inutilisable. Les batailles de l’eau sont aussi des luttes entre États qui cherchent à étendre leur territoire pour atteindre le cours d’un grand fleuve et le détourner à leur profit. Un État comme la Turquie par exemple, qui a sur son territoire une grande chaîne de montagnes, le Taurus, y a construit des barrages pour que les eaux de fonte des neiges ne s’écoulent pas tout de suite dans la plaine au profit d’États voisins. Ceux-ci protestent, car ils se sentent menacés d’être privés de cette eau. Dans certains grands pays, comme aux États-Unis, l’eau des montagnes ou de régions faiblement peuplées suscite les convoitises des grandes villes qui sont en concurrence pour cette ressource rare. Elles font construire de grosses et très longues canalisations pour atteindre les ressources en eau dont elles ont besoin.
Selon l’OMS et l’UNICEF, l’inaction d’aujourd’hui entraîne de graves conséquences. Chaque année, la maladie diarrhéique est responsable de la mort de 1,8 million de personnes — des enfants de moins de cinq ans dans la plupart des cas — et d’un état de moindre résistance permanente chez des millions d’autres. En Afrique, on perd plus de 40 milliards d’heures de travail afin d’aller puiser de l’eau potable. Et beaucoup d’enfants, en particulier les filles, sont empêchés d’aller à l’école par manque de latrines, ce qui gâche leurs possibilités intellectuelles et économiques.
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