CATHERINE DESTIVELLE
PASSION DES CIMES
C'est le portrait sensible et poétique d'une alpiniste qui a marqué sa discipline que propose ici le réalisateur Rémy Tézier. En cordée ou à bord d'un hélicoptère, il suit au plus près Catherine Destivelle dans le massif du Mont-Blanc au cours de trois ascensions qu'elle réalise avec des proches. A 47 ans, la femme-araignée délaisse les exploits et souhaite faire partager sa passion. Une seule femme a vaincu en solitaire les Grandes Jorasses, la face nord de l'Eiger et le Cervin. Avec ces ascensions réalisées entre 1990 et 1994, Catherine Destivelle a imprimé sa marque dans la légende de l’alpinisme. Si elle confie que "maîtriser le danger excite un peu", elle a pris de la hauteur sur ses prouesses passées.
"C'est arrivé, tant mieux, c'était bien. Mais, aujourd'hui, j'ai un enfant et la montagne n'est plus la chose à laquelle je pense tout le temps, explique la maman de Victor, 9 ans. Maintenant, j'ai envie de partager, de faire connaître cette liberté qui m'a toujours attirée et d'être avec des gens que j'aime bien."
Un cocktail de souhaits exaucés dans ce film documentaire. Cette fois, la reine des expéditions en solitaire se fait première de cordée et emmène quelquesuns de ses proches dans l'ascension de trois sommets mythiques : la face est du Grand Capucin (3 838 mètres), avec Pauline, son élève devenue monitrice d'escalade, l'aiguille du Grépon (3 482 mètres), en compagnie de sa soeur cadette Claire, et l'aiguille Verte (4 122 mètres), avec ses mentors et amis soixantenaires, Lothar et Gaby.
Sur ces itinéraires qu'elle connaît si bien, Catherine ne recherche plus la performance. Elle prend le temps de respirer, d'assurer ses prises, de conseiller ses compagnons de cordée et de se livrer un peu sur le feu qui l'anime. Ainsi apprend-on que sa passion lui vient peut-être de son père, qui l'incitait à "jouer à chat perché".
La caméra de Rémy Tézier ne perd pas une miette de la progression, mètre par mètre, de ces grimpeurs que le téléspectateur met parfois plusieurs secondes à localiser dans ces paysages somptueux.
Véritable régal pour les yeux, les plans vertigineux en plongée ou en contre-plongée à la verticale des parois de granit, ou les gros plans sur cette main qui tâtonne le long d’une fissure à la recherche d"une prise sûre, disent mieux que les mots l'ivresse de l'altitude.
Le bruit des respirations courtes et le souffle du vent, qui caresse puis malmène ces corps en mouvement, suggèrent au profane une idée de l'indicible bonheur d'être "là-haut".
Gaël Nivollet
Première diffusion : dimanche 20 janvier 2008 à 15:55 (hertzien et TNT).
Durée : 52' Auteur-réalisateur : Rémy Tézier Production : France 5 / TEC Production / Prodom / Canal Réunion Commentaires : Bernard Giraudeau Année : 2007
Un documentaire primé
Catherine Destivelle, passion des cimes a remporté le grand prix et le prix du public au 24e festival international du film de montagne d'Autrans, qui s"est déroulé du 28 novembre au 2 décembre 2007.
|