Interview de Patrick Poivre d’Arvor
Dans ce nouveau rendez-vous hebdomadaire, Patrick Poivre d’Arvor réalise deux entretiens en tête-à-tête, les yeux dans les yeux, avec deux personnalités issues d’univers très divers. Entretien avec l’animateur de ce nouveau rendez-vous.
Comment est née l’idée de ce magazine ?
Patrick Poivre d’Arvor : J’ai toujours adoré l’art de l’interview. C’est la première chose que j’ai eu envie de refaire, mais d’une manière plus approfondie et plus longue. Dans le journal télévisé, les interviews durent à peu près cinq, dix minutes au maximum, dans une émission littéraire quinze ou vingt minutes au maximum. Là, j’avais envie de faire des vraies interviews sur la longueur, et c’est pour cette raison qu’avec Philippe Vilamitjana nous nous sommes mis d’accord sur ce principe.
A quoi ressembleront ces entretiens ?
P. P. D. A. : Ils s’articulent autour de six dates déclics de la vie d’un homme ou d’une femme. Qu’est-ce qui l’a poussé ? Qu’est-ce qui a déclenché telle ou telle attitude ? Qu’est-ce qui a été un élément fondateur de sa vie ? Arbitrairement, j’ai décidé qu’il y aurait trois dates que l’invité choisira et commentera, puis je choisirai trois autres dates de l’histoire du monde ou du pays par rapport auxquelles il se situera. Au terme de cette conversation arrivera le deuxième invité, qui posera une question au premier, et réciproquement. Après je passerai au deuxième invité.
Pourquoi les deux invités se rencontrent-ils ?
P. P. D. A. : Je voulais éviter deux interviews l’une à la suite de l’autre. Pour qu’il y ait un lien, j’ai imaginé qu’ils se posent des questions. Alors il peut y avoir des rencontres de gens qui ne se connaissent pas ou qui se connaissent bien, et il peut y avoir un petit déclic, une étincelle.
Pour quelles raisons avez-vous mis en place ce dispositif ?
P. P. D. A. : Je sais, pour avoir de longue date interviewé des gens, qu’on en apprend toujours beaucoup quand on appuie là où il s’est passé quelque chose, là où il y a une fêlure. C’est ça qui est le plus intéressant, et à partir de là en général tout le reste découle plus facilement.
Concernant des personnalités connues et reconnues, qui se sont peut-être beaucoup exprimées, qu’allez-vous apporter de nouveau ?
P. P. D. A. : D’abord on va essayer d’aller vers des gens qui ne se sont pas beaucoup exprimés. Cela n’est pas très facile, mais cela me paraît important d’essayer de donner envie à des gens qui ont peur des médias. Il y a beaucoup de personnes qui refusent de s’exprimer à la télévision parce qu’elles n’ont pas envie d’arriver sous les applaudissements ou d’être interrompues par des trublions, elles ont envie d’avoir du temps. On verra bien ce que cela donnera au terme des premières émissions, j’aimerais bien que ce soit un rendez-vous que les gens aient envie d’honorer en se disant « j’aimerais pouvoir m’exprimer dans cette émission puisque j’aurai du temps pour le faire ».
Qu’attendez-vous de ce magazine ?
P. P. D. A. : J’ai envie que l’on aille au plus près de la vérité des êtres. On se détache donc de tout ce qui ressemble à la promotion, où les gens viennent pour vendre un livre, un disque, un slogan, une idée politique. Souvent cela se résume à des clichés ou à des phrases dites et redites. On a toujours l’ambition d’obtenir quelque chose d’autre. De temps en temps cela marchera, de temps en temps cela marchera moins bien.
Avez-vous déjà des invités confirmés ?
P. P. D. A. : Pierre Palmade et Jean-Louis Borloo m’ont confirmé leur venue pour le 11 janvier. Isabelle Adjani m’a téléphoné pour me donner son accord. Françoise Hardy et Martine Aubry devraient venir assez vite, de même que Valéry Giscard d’Estaing et bien d’autres… Pour l’instant, les choses s’ordonnancent.
Pourquoi avez-vous choisi France 5 ?
P. P. D. A. : C’est une chaîne qui correspond à ce que j’aime. Comme vous l’avez vu tout au long de ma carrière télévisée, je n’ai fait que le journal télévisé et des émissions littéraires. Je n’aime que les émissions qui vont vers l’approfondissement, et France 5 est vraiment la chaîne de la connaissance, de la transmission de la connaissance. C’était donc vraiment idéal pour moi.
Source : Magazine des programmes France 5